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Le 24-03-2016 à 08:03

Baseco : vivre au cœur de la jungle de Manille

Après un premier travail sur les quartiers populaires du Grand Manille en 2012, le photographe Jean-Félix Fayolle revient au cœur de cette jungle urbaine de plus de 25 millions d’habitants pour suivre l’évolution des quartiers. Dans cet article, il s’intéresse au quartier de Baseco, situé près du port international de la capitale philippine, l’une des zones les plus densément peuplées au monde.

Baseco Compound est un quartier de Manille, capitale des Philippines, situé entre le port international et l’embouchure du fleuve Pasig. Il fait face à la baie de Manille, devant le quartier historique d’Intramuros et proche du grand quartier de Tondo. Cet espace est sorti de l’eau par l’accumulation de déchets et de boues dragués par le fleuve Pasig, ainsi que par différents gravats de béton déposés par le Bureau of Public Works and Highways. Baseco est l’abréviation de  BAtaan Shipyard and Engineering COmpany. Les premiers habitants du quartier, venus avec leurs familles, travaillaient pour ces entreprises de fret maritime. En 1982, Baseco a été officiellement déclaré comme un quartier sous le nom Barangay 649. Sa population a beaucoup augmenté entre 1990 et 1993 à cause des nombreuses démolitions de quartiers informels à Quezon City et à d’autres endroits de l’agglomération de Manille. Beaucoup viennent également de la province où le travail est trop rare. Des personnes mal intentionnées ont vendu illégalement des maisons sur ce terrain pour des personnes souhaitant s’y installer durablement. Aujourd’hui, plus de 50 000 personnes vivent dans des conditions très précaires dans cette jungle urbaine aux portes de Manille. On parle d’un projet de dépôt pétrolier. Même si ces familles ont élu domicile à Baseco depuis plusieurs années, elles vivent dans la crainte de se voir expulsées. Des incendies ont lieu régulièrement, parfois à cause de ces maisons faites de bric et de broc, construites sans planification ni norme, mais parfois on s’interroge sur l’origine de ces départs de feu. Les déloger sera compliqué, car il faudra utiliser la force et la violence…

Un quartier aux portes de Manille

La proximité du centre-ville, des activités du port et de la mer sont de véritables atouts pour ces habitants, qui seraient contraints d’aller beaucoup plus loin pour reconstruire une nouvelle habitation, et par la même occasion, une nouvelle vie. Les conditions d’hygiène sont très difficiles. Une grande partie du quartier ne compte pas de réseau d’assainissement, ni d’eau courante. Des rues sont en terre, gorgées de boues noires et de déchets. On trouve aussi un lieu surnommé « la Playa », véritable plage de déchets qui fait office de terrain de jeux pour enfants et de port pour les barques. Plusieurs organisations non-gouvernementales interviennent dans ce grand quartier, mais il reste encore beaucoup à faire. A Baseco, il est fréquent de côtoyer la mort. Il arrive que des nourrissons décèdent à cause des mauvaises conditions d’hygiène et d’alimentation. Il existe également des règlements de comptes liés aux trafics ou des homicides pour simplement dérober le bien de son propriétaire. Certains se sont déjà fait tués par la sécurité du port pour nager trop près des docks.

Activités à Baseco

Baseco est au cœur de la vie économique de Manille. Certains y établissent leur commerce, dans le quartier, dans les rues du centre historique ou à Tondo. D’autres récupèrent du métal tombé dans les eaux du port, des déchets ou encore pêchent. A Baseco, on compte aussi de nombreux conducteurs en tous genres (jeepney, side-car, vélotaxi, camion, bus ou de taxi), des gardiens pour les banques ou les activités du port, des employés de maison. Manille attire par son potentiel. Ici tout est possible, on peut trouver des petits boulots mieux payés qu’en province. Alors on se résigne à vivre dans des conditions difficiles… Beaucoup attachent une grande importance à la religion qui permet de surmonter quotidiennement souffrances et difficultés. La majorité est catholique et on trouve également des musulmans dans une partie du quartier. Les familles sont généralement nombreuses et les enfants sont partout dans les rues. Ces derniers font preuve, dès leur plus jeune âge, d’une grande débrouillardise en construisant leurs jeux eux-mêmes avec ce qu’ils peuvent récupérer. La nuit, on entend des personnes chanter au karaoké en buvant de la fameuse bière forte Red Horse ou des liqueurs, pour oublier les difficultés de la journée et célébrer la vie. Le port lui n’arrête jamais de fonctionner. De ce côté de l’océan, même si on doit faire de nombreux sacrifices et que la vie est dure, on continue de sourire, d’aimer et de profiter de chaque instant que la vie peut offrir.

Un  montage vidéo du premier travail de Jean-Félix Fayolle à Manille, en 2012

  
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