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Le 14-01-2016 à 11:01

Rajendra Singh : « Grâce à la johad, l’eau revient à sa source »

Par Andrea Paracchini

Il s’appelle Rajendra Singh, mais en Inde il est connu comme « l’homme de l’eau ». Et pour cause. En 1985, alors qu’il se trouvait dans un petit village du Rajastan, il découvre la johad, une ancienne technique de stockage de l’eau de pluie. Depuis, il sillonne cet état semi-aride du pays pour réapprendre aux villageois comment restaurer le cycle de l’eau. Altermondes l’a rencontré lors de son passage à Paris.

Une seule planète

En 1985, Rajendra Singh, jeune diplômé de médecine traditionnelle originaire de l’état de l’Uttar Pradesh, débarque dans le village de Kishori, au Rajasthan. Membre de l’association Tarun Bharat Sangh, il vient de quitter son emploi de fonctionnaire à Jaipur pour s’engager dans des projets solidaires.

Je connaissais la médecine traditionnelle, alors j’ai commencé à soigner les personnes âgées. Mais au bout de six mois, elles m’ont dit : « ce n’est pas de vos soins dont on a besoins. Nous avons besoin de l’eau. Sans eau, nous ne pourrons pas survivre ici »

En effet, Kishori se trouve dans une région semi-aride où l’excessive captation d’eau pour usage agricole avait progressivement épuisé les nappes phréatiques qui alimentaient les puits et les sources en eau potable. Par conséquent, la surface cultivable s’était drastiquement réduite, causant l’exode des habitants de Kishori et de son district.

Redécouverte d’une technique ancestrale

Ce sont deux habitants du village qui font découvrir à Rajendra Singh la johad, un barrage rudimentaire fait de boue et pierres permettant de collecter les eaux de pluie pendant la saison des mousson et de les faire filtrer dans le sous-sol durant la période sèche. Simple à construire, elle nécessite des terrains stables en pente et d’une saison des pluies régulière pour que le bassin puisse se remplir. Cette technique, connue depuis 1 500 av. J-C, a longtemps permis de maintenir le cycle de l’eau dans des régions arides de l’Inde.

Le fonctionnement d'une Johad. Crédit : Anupma Sharma, National Institute of Hydrology
Le fonctionnement d’une johad. Crédit : Anupma Sharma, National Institute of Hydrology

Mais quand le gouvernement britannique a colonisé l’Inde, il a imposé un système de gestion de l’eau basé sur les grands barrages, les égouts et les canaux d’irrigation… Non entretenues, les johad existantes sont tombées à l’abandon et ont arrêté de rendre leur service. Il a fallu plus d’un an pour que Rajendra Singh, seul, parvienne à en reconstruire une à Kishori. Mais face au succès de cette première expérience, les villageois ont accepté de mettre la main à la pâte. Et les habitants des villages voisins de leur emboîter le pas, accompagnés par Tarun Bharat Sangh, l’association de Rajendra Singh.

En un an, nous avons construit 36 johad. L’année d’après, plus de 200. Et je peux dire aujourd’hui qu’il y en a plus de 11 000 dans la région, sur une superficie de 8 600 km²

Pour Rajendra Singh, la johad est une infrastructure pour le peuple, qui appartient au peuple. Son processus de construction et son entretien, pourtant simples, nécessitent la participation de tout un village, ce qui contribue à renforcer les liens au sein des communautés. Quant à son impact sur le cycle de l’eau, sur la couverture végétale et sur l’agriculture, il est avéré, comme le prouve entre autre cette étude d’un centre de recherche suédois.

En 2015, Rajendra Singh a reçu le Stockholm Water Prize, aussi connu comme le « Prix Nobel de l’eau »,  « pour ses efforts innovants en matière de réhabilitation de l’eau et d’amélioration de la fiabilité de l’eau dans l’Inde rurale, et pour avoir fait preuve d’un courage et d’une détermination extraordinaires dans sa quête d’amélioration des conditions de vie des plus nécessiteux. »

Rajendra Singh à Alwar (Inde) en 2014 Crédit : Abhinav619

  
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