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Le 20-05-2016 à 08:05

Altermondes en difficulté

Par David Eloy

La presse traverse une crise sans précédent qui n’épargne pas les médias alternatifs et engagés. Après les récentes disparitions d’Alternatives internationales et de Terra Eco, c’est aujourd’hui Altermondes qui est menacé.

Le 29 mars 2014, Altermondes se réinvente. L’association qui l’édite depuis 2005 se transforme en société coopérative d’intérêt collectif (Scic), la première du genre dans le secteur de la presse. Six mois plus tard, est lancé le « nouvel » Altermondes, incarné par le numéro 39 et son dossier sur le thème « S’engager, est-ce vraiment dépassé ? », une nouvelle formule et une nouvelle maquette pour une revue dorénavant vendue en kiosque. Altermondes lance aussi son site d’information, proposant des contenus multimédias riches et originaux. L’objectif visé par le bimédia : élargir son lectorat. Deux ans plus tard, où en est-on ?

Des résultats insuffisants

À la clôture du premier exercice comptable, fin 2015, la coopérative enregistre un résultat déficitaire de 281 831 euros qui met en péril la survie du projet dans son inté gralité. Le modèle économique, adopté en 2014 pour la relance et basé sur une hausse forte et rapide des abonnements et des ventes, à la suite du passage en Scic et de la diffusion en kiosque, n’a pas eu les résultats escomptés. Au regard du budget prévisionnel, les dépenses ont été maîtrisées. En revanche, le développement s’est avéré être beaucoup moins rapide que prévu. Le rythme de croissance des abonnements était surestimé et la vente en kiosque, un échec. Altermondes a quasiment doublé son nombre de lectrices et lecteurs en moins de deux ans, pour atteindre les 2 800 abonnés payants à ce jour. Cette progression, liée pour beaucoup à la mobilisation des sociétaires de la coopérative, reste insuffisante, l’objectif visé pour fin 2014 n’a été atteint qu’à fin 2015. Aussi, après un lancement correct en kiosque (entre 3 000 et 3 200 exemplaires vendus pour les premiers numéros) et malgré les campagnes d’affichage et de communication accompagnant les sorties, le volume de ventes a régulièrement diminué, jusqu’à 1 500 exemplaires en décembre 2015, imposant de suspendre la diffusion en kiosque en 2016. Le média n’a pas réussi à fédérer assez rapidement les réseaux qui le composent et l’entourent, ni à en atteindre de nouveaux. Comme l’explique Edwy Plenel, dans l’interview qui suit : 

« Pour imposer un modèle économique et réussir à construire une indépendance, il faut avoir du temps. » 

Dans ce contexte, et malgré le succès qu’elle a rencontré à l’automne dernier (1 089 contributeurs mobilisés, 62 970 euros collectés), la campagne de financement participatif sur Ulule ne pouvait pas compenser l’effondrement des recettes. D’autant que, lancée le 6 octobre 2015, avant que la coopérative ne prenne conscience de la gravité de la situation, elle visait non pas à combler un déficit mais bel et bien à consolider le développement des activités courantes : le soutien à la vente en kiosque, le renforcement du web avec la création d’un espace pour les « globetrotteurs solidaires » et le financement de reportages dans les pays du Sud. 

Un média légitime et nécessaire 

La situation est très critique. Néanmoins, les sociétaires, les lectrices et lecteurs, les partenaires, l’équipe de rédaction, tous témoignent de la légitimité et de la nécessité d’avoir un média comme Altermondes en France et dans le monde francophone. La revue est née en mars 2005 de la volonté de cinq associations de contrebalancer le traitement de l’actualité internationale par les médias dits dominants. Trop souvent, le monde y est abordé sous l’angle des grands enjeux géopolitiques et économiques, des intérêts des grandes puissances, de ceux qui ont le pouvoir. Quantité de problématiques, d’analyses et de pays, notamment ceux du Sud ou de l’Est sont souvent négligés, voire ignorés par les médias, qui proposent rarement des sujets sur les dynamiques citoyennes, celles-là même qui construisent un monde plus juste et plus solidaire. Altermondes se distingue parce qu’il s’acharne depuis le début à donner la parole et la plume à celles et ceux qui en sont privés, parce qu’ils vivent à l’autre bout du monde, en raison de leur origine sociale ou de leur appartenance à une minorité, ou simplement parce qu’ils développent une réflexion ou des pratiques à contre-courant de la pensée dominante. Onze ans plus tard, en ces temps de repli sur soi, de fermeture au monde, d’érosion démocratique, cette ligne éditoriale est plus que jamais importante. L’information qu’Altermondes diffuse devrait rencontrer un public plus large que celui à qui il s’adresse déjà à travers sa revue, son site web et tous les débats et rencontres. Altermondes est nécessaire aussi parce qu’il est un média pleinement citoyen. D’abord parce que la coopérative qui l’édite est portée par un sociétariat à la diversité unique : 177 sociétaires issus aussi bien d’organisations de la société civile (associations et organisations non gouvernementales, mouvements d’éducation populaire, syndicats…), que de professionnels des médias, de lectrices et de lecteurs, ou encore de soutiens, tous fidèles et convaincus. Citoyen aussi dans sa façon de fabriquer l’information, puisqu’il fait participer professionnels et non-professionnels de l’information à chacune des étapes de la production éditoriale, convaincu que c’est du croisement et de la confrontation des regards, que naît une information différente. Citoyen enfin dans ses choix éditoriaux, qui vont à l’encontre du fatalisme et du repli sur soi, dans le but de contribuer à nourrir le débat public, d’ouvrir des espaces de dialogue et d’échange entre les différentes composantes de la société. C’est pour toutes ces raisons qu’Altermondes est un média collaboratif à nul autre pareil, une expérience riche qui ouvre la voie à ce que pourraient être les entreprises de presse de demain, associant professionnels de la profession et citoyens, regroupés ou non en structures ou mouvements. 

Un possible rebond ? 

« Une revue est un pari permanent. Nous voulons lancer le pari de l’expression des dynamiques et des créations citoyennes et solidaires à toutes les échelles du monde », écrivait Gustave Massiah, directeur de la publication, dans le premier édito de la revue. Dans l’histoire d’Altermondes, les paris se sont succédé, la réinvention a été permanente. Le défi qui se pose aujourd’hui est cependant d’ampleur. Ces derniers mois, les sociétaires se sont mobilisés : une dynamique collective pour repenser le projet a permis de rebâtir un modèle économique, le consolider et l’adosser à des prévisions de développement plus réalistes, même si toujours ambitieuses. Ce travail constitue la base d’un scénario, où la revue papier, remaniée, s’articulerait davantage avec le site web, qui deviendrait partiellement payant, et avec le développement d’activités de coproductions et de formations à l’écriture journalistique. Nous sommes maintenant à la recherche de financements pour soutenir notre relance et pérenniser notre média. Nous soumettons notamment ce scénario à de potentiels investisseurs. Nous mettons tout en œuvre pour que l’aventure, qui dure depuis onze ans déjà, grâce à votre implication et votre fidélité, ne s’arrête pas là !

Dans la photo, de gauche à droite : Jihane Habachi, coordinatrice éditoriale du hors-série 10 ans, membre du comité éditorial – David Eloy, rédacteur en chef – Andrea Paracchini, responsable des contenus numériques – Agnès Brulet, responsable marketing et développement.

  
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