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Le 17-03-2016 à 10:03

Bangladesh : Répression anti­syndicale dans le secteur de la confection

Depuis le drame du Rana Plaza, certaines améliorations des conditions de travail ont bien été enregistrées dans le secteur de la confection au Bangladesh. Et pourtant, la chasse aux sorcières syndicales continue d’y sévir.

 Fin avril 2014, moins d’un an après les 117 morts dans l’incendie de l’usine de Confection Tazreen Fashion, l’effondrement du Rana Plaza (1047 morts) fait la une des médias internationaux et l’opinion publique occidentale s’émeut (enfin) des conditions de travail dans les entreprises de confection du Bangladesh – conditions de travail depuis longtemps dénoncées par des organisations syndicales, des ONG comme le collectif Éthique sur l’Étiquette (Clean Cloths Campaign) et des associations de défense des droits humains – : l’image de marque des marques en prend un coup.

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Les commanditaires européens sont les premiers à réagir. Le 15 mai 2013, soixante-­dix marques européennes (H&M, Inditex, Aldi, C&A…) signent le programme Accord (Accord on Fire and Building Safety). D’une durée de cinq ans, celui-­ci impose aux entreprises en contrat avec les marques signataires (plus de 200 aujourd’hui) de mettre en œuvre les mesures visant à améliorer la sécurité et les conditions de travail qui seront préconisées par les inspections prévues par Accord. Le programme, élaboré en concertation avec IndustriALL Global Union (cosignataire d’Accord) et Clean Clothes Campaign, est contraignant pour les marques, qui s’engagent à rompre les contrats passés avec des entreprises qui refuseraient de se mettre aux normes.

De l’autre côté de l’Atlantique, les géants Wallmart et Gap, sollicités par H&M pour intégrer Accord refusent et, en juillet de la même année, lancent Alliance (Alliance for Bangladesh Worker Safety, aujourd’hui signé par 27 marques), une initiative beaucoup plus floue, non contraignante pour les marques, qui se contentent de formuler des recommandations, et de laquelle les organisations syndicales sont exclues.

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Le gouvernement du Bangladesh décide quant à lui une augmentation substantielle du salaire minimum (37 à 67 dollars mensuels), recrute 200 inspecteurs du travail supplémentaires, s’engage à collaborer avec l’OIT pour rendre effective l’application des conventions internationales dont le pays et signataire, adopte certaines mesures facilitant l’enregistrement des sections syndicales d’entreprise et, le 31 août 2015, vote le Textiles Industry Establishment Act, un texte de loi visant à mieux codifier les conditions d’ouverture des usines de confection. L’organisation patronale BGMEA (Bangladesh Garment Manufacturers & Exporters Association), enfin, se déclare prête à collaborer pleinement à ces initiatives et promet que 0,03 % des revenus de l’exportation seront consacrés à l’amélioration des conditions de travail et de sécurité dans les entreprises. Résultat : fin 2015, 3660 entreprises ont été inspectées et 37 fermées pour n’avoir pas effectué les transformations recommandées, tandis que 337 nouvelles sections syndicales ont été enregistrées par le ministère du travail.

« Il s’agit d’avancées non négligeables, reconnaît Amirul Haque Amin, président de la NGWF (Fédération nationale des travailleurs de la confection, affiliée à IndustriALL), mais, estime­-t-­il, le compte n’y est pas ». Le recours aux entreprises sous­traitantes, qui fonctionnent hors de tout contrôle, est loin d’avoir été éliminé. En dépit d’améliorations réelles dans certaines usines, les conditions de travail et de sécurité laissent encore à désirer et, le 2 février dernier, un incendie éclatait dans les ateliers de Matrix Sweaters, qui produit pour H&M et JC Penney, blessant cinq travailleurs – le feu s’est déclaré à une heure matinale, alors que le bâtiment était presque déserts, ce qui a sans doute évité que l’incident se solde par un bilan plus lourd. « Et surtout, continue le président de la NGWF, le harcèlement des militants syndicaux et les entraves à la liberté d’organisation des travailleurs continuent d’être la règle, comme dans le cas de Hanwen BD Ltd ».

Hanwen BD Ltd. Est une entreprise chinoise, installée à Ashulia, dans la banlieue nord de Dhaka. Elle emploie 350 salariés et produit, entre autres, pour la marque suédoise H&M. En octobre 2015, les travailleurs décident de constituer une section syndicale d’entreprise affiliée à la NGWF. Le 9 janvier 2016, la direction réagit en éjectant manu militari les sept dirigeants syndicaux. Ce qui n’empêche pas les travailleurs de déposer auprès du ministère du travail leur demande d’enregistrement de la section syndicale d’entreprise. A quoi la direction répond par 35 nouveaux licenciements et, fin février, en dépit de plusieurs débrayages et manifestations, la situation demeure bloquée, la direction refusant toujours la réintégration des syndicalistes licenciés. Des conflits analogues affectent aujourd’hui de nombreuses entreprises du Bangladesh, mais l’histoire connaît parfois un « happy end » et, le 10 février dernier, les ouvrières de Donglian Fashion, organisées dans la SGSF (Sommilito Garments Sramik Federation, également affiliée à IndustriALL) obtenaient la réintégration de douze syndicalistes que la direction de l’entreprise avait contraint de démissionner. Bravo camarades.

Le Bangladesh est le deuxième producteur mondial de prêt­à­porter (après la Chine), quelque 5.000 entreprises y fabriquent des vêtements pour l’exportation et emploient plus de quatre millions de salariés (très majoritairement des femmes). Le secteur de la confection compte pour 80 % des exportations du pays et constitue le moteur principal d’une économie qui, au cours de la dernière décennie, a enregistré une croissance annuelle moyenne supérieure à 6 %. Seulement 5 % (environ) des salariés de la confection sont syndiqués mais il existe 52 fédérations (« El pueblo desunido… ») dont une quinzaine sont affiliées à IndustriALL.

  
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