Du même auteur :
David Eloy - Altermondes
Edito : Une revue féministe ?
Les OMD vaincront-ils la misère ?
L’Europe des Roms.
Vive la finance... solidaire !
Somalie : La fin du chaos ?
La responsabilité en questions
Trois questions à... Elizabeth Baltodano
Edito - L’air de rien
Bophana ou la mémoire du XXème siècle
Comment rebâtir la Côte d’Ivoire ?
Bil’in : l’épopée d’une résistance
Cinéma : Entre réalité et fiction
L’intervention civile de paix
L’écologie réouvre l’avenir
Mauvais genre ?
Les enjeux d’une mobilisation
De l’aide à la fiscalité internationale
Pour un commerce plus juste
Pour une justice fiscale internationale
Baya Benyahia - Mémoire des deux rives
Bibliothèques rurales au Maroc
Frères des Hommes : déjà 40 ans !
Coup d’éclat citoyen
Le coton, hors sujet ?
Darwin en Ouganda
Lèt Agogo en Haïti
Misère durable : Shell dans le delta du Niger
Rentrée sauvage
Le Sentier de la Paix
Retour sur Fana
Verte équité ?
Vers un changement global ?
Foot, culture et solidarité
Militants et croyants : les deux faces d’un engagement
ONG et Syndicats : construire ensemble la démocratie
La Guinée et la boîte de Pandore
De grâce ! Ne nous faites pas rire…
Désarmer pour reconstruire
La guerre de Troie n’aura pas lieu
Les territoires solidaires
Arrêter le scandale permanent
La santé, mais pas à n’importe quel prix
"A un moment, il faut se blinder"
La révolte et la générosité
Comment passer d’une société de l’abondance à une société de la sobriété ?
Quand les opprimés se mettent en scène…
Assez de promesses, des actes !
PAR David Eloy - Altermondes
Les sommets se succèdent et se ressemblent. De G8 d’Evian en Forum mondial de l’eau, les Etats rivalisent de promesses pour garantir l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous. Aujourd’hui, ces promesses doivent se traduire en actes.
Comme chaque année, le 22 mars consacre la Journée mondiale de l’eau. L’occasion rêvée d’interpeller la communauté internationale pour que cesse enfin le scandale de ces milliards de personnes privées d’eau et d’assainissement. Mais, en fait, quelles sont les solutions ? « Que les Etats commencent par tenir leurs engagements, assène Pierre-Marie Grondin du Programme Solidarité Eau. En 2003, le président de la Commission Européenne, Romano Prodi, avait lancé un appel aux Etats membres pour créer un fonds d’un milliard d’euros, destiné à fournir de l’eau potable aux pays les plus pauvres. Ce fonds n’est plus aujourd’hui que de 200 millions d’euros ». Pour les défenseurs de l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous, les Objectifs du millénaire pour le développement (1) sont aussi en ligne de mire. « S’ils étaient atteints, ils permettraient à 700 millions de personnes d’avoir accès à l’eau d’ici 2015. Alors, qu’attend-on ? », s’interroge Christian Houdus d’Eau Vive.
La faute à Voltaire ?
« Le nœud du problème n’est pas une question de moyens mais une question de mise en œuvre. La volonté politique manque trop souvent », explique Pierre-Marie Grondin. « La technique ne pose aucun problème et les moyens financiers, potentiellement, existent, confirme Christian Houdus qui fait le parallèle avec les 400 milliards d’euros dépensés par les Etats-Unis pour le conflit irakien, une somme qui aurait été largement suffisante pour dépasser que les Objectifs du millénaire ».Plus près de nous, la France ne se distingue pas par le montant de l’aide publique qu’elle alloue au secteur de l’eau. « Le gouvernement français réfléchit à convertir une partie de son aide publique en une aide budgétaire directement versée aux Etats du Sud. Ce projet n’est pas sans nous inquiéter. Il risque de renforcer une forme de clientélisme entre Etats, aux détriments des populations », poursuit Catherine Legna de la Fondation France Libertés, qui fustige aussi les accords commerciaux en cours de négociation et qui menacent de privatisation les services de l’eau.
Faire plus, faire mieux
Il faut donc de se mobiliser pour que les fonds consacrés au secteur de l’eau soient renforcés et surtout affectés correctement. « Il y a un vrai nœud sur le financement des infrastructures en milieu rural, rappelle Pierre-Marie Grondin. Et on est encore à des années lumière de l’assainissement pour tous ». « Il faut surtout que le droit à l’eau devienne un droit humain en tant que tel, explique Catherine Legna. L’eau ne doit plus être considérée comme une ressource marchande mais comme un bien commun de l’humanité ». Courant mars, France Libertés déposera d’ailleurs un projet de résolution aux Nations Unies et se mobilisera pour faire inscrire cette idée à l’agenda international.
Christian Houdus est plus réservé sur les agendas officiels. Lui, qui a participé à de nombreux sommets, envisage aujourd’hui les choses différemment. Sans nier la nécessité d’y participer « pour faire avancer les gouvernements », il préconise d’adopter une approche pays par pays, en commençant par ceux dont les besoins sont les plus criants : « Il faudrait organiser dans chaque pays des tables rondes nationales où l’Etat, les collectivités locales, les représentants de la société civile, les partenaires financiers, etc. se réuniraient pour dresser ensemble un état des lieux sur la question de l’eau et de l’assainissement, établir des priorités, définir des engagements et construire un plan d’actions réalistes ». Car, quelle que soit leur stratégie, tous s’entendent sur un amer constat. La guerre de l’eau a commencé. L’urgence est à l’action.
(1) L’OMD n°7 se décline en plusieurs cibles dont la Cible 10 : « Réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable » et la Cible 11 : « Réussir à améliorer sensiblement, d’ici 2020, la vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis ».