Altermondes



Du même auteur :
David Boys - Public Services International




Dialogue entre opérateurs publics

PAR David Boys - Public Services International


Parce que les opérateurs de l’eau et de l’assainissement ont besoin de dialoguer, de confronter leurs expériences pour trouver des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent, les Nations Unies ont lancé un outil précieux : le Système des Partenariats entre les opérateurs de l’eau (POE). Les innovations pour renforcer le service public de l’eau se retrouvent jusque dans les cercles les plus institutionnels. L’ONU a décidé de soutenir un système original


Le Conseil consultatif sur l’eau et l’assainissement auprès du Secrétaire général des Nations Unies (UNSGAB) préconise depuis quelques temps la mise en place de Partenariats entre les opérateurs de l’eau (POE). Le raisonnement sur lequel est fondé le concept des POE est le suivant : la principale source de renforcement des capacités des opérateurs de l’eau et de l’assainissement se trouve chez les opérateurs eux-mêmes. D’une part, parce que la plupart des opérateurs de l’eau dans le monde sont des opérateurs publics, locaux ou municipaux. D’autre part, parce que les améliorations, même les plus petites, amenées par beaucoup de ces opérateurs devraient contribuer à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement. Enfin, parce qu’aucune organisation n’a aujourd’hui les moyens de toucher ces milliers d’opérateurs de l’eau.

Opérateurs autonomes
Les POE sont basés sur différents mécanismes (base de données, interface web) qui permettent aux opérateurs de l’eau de dialoguer, d’échanger leurs expériences, de manière simple et automatique, sans avoir à attendre que les bailleurs, les institutions financières internationales ou d’autres organisations ne les mettent en contact au travers des projets qu’ils développent.
Le Système des POE, encore en cours de développement, devrait permettre aux opérateurs d’échanger sur une large palette de questions qui se posent dans le domaine de l’eau et de l’assainissement : d’un détail technique concernant un type particulier de pompe ou de système de filtrage jusqu’à des questions de management d’équipe, d’une nouvelle et ingénieuse méthode pour réparer un vieux tuyau en fer inventée par quelqu’un qui travaille dans un petit village jusqu’à la technologie la plus récente pour facturer et collecter les taxes.
En octobre 2006, Kofi Annan a demandé au Programme des Nations Unies pour les établissements humains (UN Habitat) d’héberger le siège des POE. UN Habitat doit fournir les fonds nécessaire au lancement de l’initiative. Il approchera ensuite les banques de développement et les bailleurs nationaux pour qu’ils prennent le relais. Les banques régionales de développement seront des acteurs clés dans la mise en oeuvre pilotée par UN Habitat.

Potentiel et risque
Cette approche présente un certain nombre de risques. Par exemple, des entrepreneurs peu scrupuleux, des banques de développement et des bailleurs pourraient utiliser les POE pour pénétrer de nouveaux marchés dans le secteur d’eau. Les risques sont avérées mais ils valent la peine d’être pris, tant le Système des POE recèle un vrai potentiel pour construire des services publics de qualité, plus solides. Et les syndicats doivent participer pour garantir que l’initiative est construite sur des bases saines.
Le Système des POE est une alternative concrète à la privatisation. Il devrait aider à améliorer les services publics, en recourant à des partenariats et des jumelages publics et non lucratifs. Les POE ne restreignent pas le type de partenariat. Ils peuvent être Nord-Sud, Sud-Sud, au sein même d’un pays, entre des pays, etc. Même le secteur privé peut être impliqué. Mais il doit l’être sur une base non lucrative.




Dans le même numéro - sur le site :
N°13 - Accès à l’eau : en panne de solutions ?
Pérou-Argentine : un partenariat pour des provinces solidaires
L’accès à l’eau pour tous : une priorité absolue
Pas de développement sans eau
Le mirage des puits
Un réseau pas comme les autres
Tamil Nadu : ingénieurs et usagers
Dialogue entre opérateurs publics
Du bon usage de la participation locale
Sénégal : le temps des comités de gestion
Cochabamba : Un exemple de démocratie participative !
Fleuve Niger : Les usagers et l’avenir du bassin
Qui a peur du coût de l’eau ?
Afrique du Sud : le scandale des compteurs prépayés
Comores : l’efficacité technique à bas prix
La gratuité de l’eau : Une hérésie ?
L’assainissement, une mission pas assez noble ?
Un plan d’action pour Tanguerfa el Holia
La France aurait-elle des leçons à prendre ?
Assez de promesses, des actes !