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Du même auteur :
David Lopez - Ligue de l’enseignement

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De Marcouville à Bamako

PAR David Lopez - Ligue de l’enseignement


Gilles, Ismaël, Sébastien et Niélé ont fait le voyage de la banlieue parisienne au Mali pour participer à deux chantiers de solidarité internationale. Ils confient leur enthousiasme et leurs interrogations avec utopie et réalisme.


Gilles, Ismaël, Sébastien et Niélé viennent de Marcouville, Jouy le Moutier et Asnières sur Seine, en banlieue parisienne. En juillet 2007, au Mali, ils ont participé à deux chantiers de solidarité internationale, dans le cadre du dispositif Ville Vie Vacances / Solidarité internationale (VVV/SI) (1). A Bamako, il s’agissait de l’installation d’un atelier d’artisanat pour des personnes handicapées et à Kati de la remise en état de neuf classes.

Les motivations
Niélé est française d’origine malienne. Elle a déjà visité sa famille, mais elle est contente de vivre une expérience qui lui donne une autre vision du Mali. Gilles a toujours eu envie de « faire de l’humanitaire ». Par le bouche à oreille, il est venu accompagné de deux jeunes maliens de son quartier. Pour Gilles, vivre dans un quartier « stigmatisé » c’est une chance, car on vit avec des gens différents. On a moins d’a priori. Sébastien a quitté l’école à 16 ans. Dans une situation sociale dure, il a été aidé par les autres. Aujourd’hui il veut aider les autres, ceux qui en ont le plus besoin. Ismaël a des origines tunisiennes. Il voulait aider dans le cadre d’un chantier. Il a pu comparer les différences culturelles.

Les découvertes
Tous ont été surpris par l’accueil des populations qu’ils ont côtoyées. « Je me sens transformé, parce qu’il y a une vraie chaleur ici » (Gilles). « Les personnes sont intéressées par notre présence et sont contents qu’on vienne les aider » (Niélé). « Les jeunes de Kati se sentent motivés pour agir pour eux, parce qu’ils nous voient faire » (Sébastien). Les réactions face à l’adversité sont très différentes. « Moi, j’ai connu des situations dures en France. Le rapport de force est habituel. Ici on peut s’expliquer, se parler » (Sébastien). « Ici, les gens prennent les choses bien. Ils supportent mieux. Le moindre problème est partagé » (Ismaël).« Les gens ici s’adaptent. Quand t’as pas le choix, tu fais avec. En France nos soucis c’est du confort. Ici c’est plus important. Au Mali, on voit de vraies inégalités de richesses » (Sébastien). Ils ont découvert qu’eux-mêmes avaient des a priori. Comme le cliché de la solidarité africaine. Ils ont constaté de la violence sociale et de l’exclusion. A Bamako, la situation des personnes handicapées est très dure, excluante.

Les limites
Pas de naïveté dans leurs avis. « J’ai mis un coup de pinceau dans une école. Cela ne changera pas l’éducation au Mali, mais chacun doit faire à son niveau. Et puis on agit sur l’éducation. C’est l’avenir » (Gilles). « Les changements se font pas à pas » (Ismaël). Sébastien pense qu’il faut plus écouter et analyser. « Il faut se mobiliser et apporter de vraies choses utiles ».
L’influence des cultures traditionnelles a été ressentie quelquefois comme néfaste. La place des femmes, l’excision et le développement de la prostitution visible sont des éléments qui ont choqué Ismaël et Niélé. Le rôle de la France en Afrique peut aussi être un frein à l’échange, comme l’a ressenti Sébastien, heurté par un « J’aime pas les blancs » que lui a lancé une jeune malienne.
Que les découvertes soient positives ou négatives, ce qui est commun à ces jeunes issus des quartiers défavorisés c’est qu’ils reviennent changés, avec l’envie de repartir là-bas ou ailleurs, en véritables citoyens du monde.

(1) Mis en place par le Ministère des Affaires Etrangères, ce dispositif a pour objet de permettre à des jeunes, issus de quartiers défavorisés, de participer à des actions de solidarité internationale dans les pays du Sud et notamment en Afrique. Plus d’information : www.diplomatie.gouv.fr




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