Altermondes



Du même auteur :
Cyrille Gelperowic - Emmaüs International

Stop aux trafics d’enfants !



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Lac Nokoué, accès critique

PAR Cyrille Gelperowic - Emmaüs International


Au Bénin, 50% de la population rurale et 57% des urbains ont accès à l’eau potable. Rencontre avec Antonin Hounga de l’association Sonagnon, partenaire d’Emmaüs international sur un projet d’accès à l’eau potable (1).


Quelle est la situation aujourd’hui au Bénin ?
Au Bénin, la situation politique est stable, mais la situation socio-économique est difficile. Les gens rencontrent beaucoup de difficultés, car la majorité de la population vit avec moins d’un euro par jour. Parallèlement, le trafic d’enfants a pris de l’ampleur. Du fait de leur manque de ressources, les parents vendent leurs enfants en ville ou dans d’autres pays. Et dans le meilleur des cas, ces derniers sont utilisés comme bonne à tout faire.

Quelles sont les activités de Sonagnon ?
Nous travaillons avec la population du lac Nokoué (3). Notre action consiste prioritairement à aider les enfants des villages sur le lac. En effet, le travail des enfants y est très développé. Les parents n’ayant pas beaucoup de ressources, les enfants travaillent pour subvenir, eux aussi, aux besoins de la famille. Notre seconde action consiste à procéder à des réunions de sensibilisation auprès des parents, afin de les inciter à mettre leurs enfants à l’école, car l’analphabétisation ne fait qu’accroître la situation de pauvreté que nous vivons. Nous donnons aussi des cours d’alphabétisation aux enfants qui ont dépassé l’âge limite pour aller à l’école. Notre troisième domaine d’activité est le microcrédit. Nous accordons des petits prêts aux femmes les plus touchés par la précarité. Ces prêts leur permettent de se concentrer sur les activités génératrices de revenus.

Comment Sonagnon est-elle née ?
Au départ, l’association était un regroupement de pêcheurs du lac. Ils aidaient à l’organisation de funérailles, ou se réunissaient à l’occasion des fêtes du nouvel an par exemple. Lorsque je suis revenu dans mon village après l’obtention de mon diplôme en électricité, j’ai été frappé par la situation de pauvreté des habitants du lac. Je leur ai donc proposé d’élargir les activités de l’association, afin de s’intéresser aux problèmes socio-économiques de notre commune. Cette proposition a été accueillie avec enthousiasme. En 2003, Sonagnon a été officiellement reconnue d’utilité publique.

Pourquoi soutenez-vous le projet d’Emmaüs International ?
Beaucoup de gens ne comprennent pas que l’on ait un problème d’accès à l’eau, alors que nous vivons sur un lac. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que l’eau est salée et extrêmement polluée ! Les populations sont donc obligées de se déplacer dans les localités voisines pour aller chercher de l’eau potable. Et les enfants qui ont la chance d’aller à l’école ont également la charge d’aller chercher de l’eau dans les localités voisines, avant d’aller à l’école. Ils se réveillent donc à 5h du matin pour aller chercher de l’eau, afin de pouvoir être à 8h à l’école. Seulement, il arrive que ces enfants ne trouvent pas d’eau. Et ils ne peuvent rentrer chez eux tant qu’ils n’en ont pas trouvée ! Ce qui pousse de nombreux enfants à délaisser l’école. De plus, quand les ménagères ne trouvent pas d’eau pour faire la cuisine, elles utilisent l’eau du lac. Ce qui est évidemment très mauvais pour la santé. Le projet d’Emmaüs International permettrait donc à ces populations d’avoir accès à une eau plus saine, et donc de prétendre à un minimum d’hygiène. Ce qui devrait améliorer sensiblement leurs conditions de vie.

(1) Emmaüs international met en place un projet d’accès, de gestion coopérative et participative et de mobilisation pour le droit à l’eau potable dans huit villages lacustres du lac Nokoué.
(2) Extrait de l’entretien paru dans Lettre d’information d’Emmaüs international n°137, septembre 2006
(3) Le lac Nokoué est une lagune de 150 km² au Sud du Bénin. Elle communique avec la mer au niveau du chenal de Cotonou.




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