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Du même auteur :
Daniel Durand - Institut de documentation et de recherches sur la paix (IDRP)




L’ONU est-elle encire une actrice de paix ?

PAR Daniel Durand - Institut de documentation et de recherches sur la paix (IDRP)


L’ONU traverse unes grave crise de légitimité. L’émergence des sociétés civiles, comme nouveaux acteurs de paix, ouvre d’importantes perspectives.


Les interrogations sur la place des Nations unies dans la construction de la paix mondiale sont à la mesure des espérances... et du désenchantement que leur création a fait naître en 1945. L’espoir de voir les nations jouer un rôle actif dans les conflits régionaux ou locaux après la fin de la Guerre froide fut déçu par l’échec des opérations onusiennes de maintien de la paix en Bosnie, en Somalie, le laissé faire du génocide au Rwanda, la frustration engendrée par des résolutions votées et non-appliquées (comme dans le conflit israélo-palestinien).
Parallèlement, pendant ces années 90, les grandes puissances tentent régulièrement de "contourner" l’ONU, pour empêcher que la voix des peuples y devienne trop forte, avec la création de l’OMC, l’importance donnée au G6 devenu G7 puis G8 et la multiplication des "groupes de pilotage" (comme le groupe de contact de Rambouillet en charge du règlement de la situation au Kosovo), toutes des structures au fonctionnement opaque et sans contrôle, à la différence du système onusien.
Aujourd’hui, l’unilatéralisme des Etats-Unis marque une nouvelle aggravation des attaques contre la place de l’ONU : guerre d’Irak, menaces sur l’Iran, mains libres laissées à Israël pour son agression au Liban. Mais paradoxalement, c’est bien dans cette période de contestation des Nations unies comme acteur principal pour la paix du monde que sa place incontournable apparaît le plus clairement ! En 2003, c’est bien pour essayer d’avoir une caution de l’ONU (qu’ils n’ont pas pu obtenir) que les Etats-Unis ont piétiné près de neuf mois avant de lancer leur attaque sur l’Irak.
Les débats des années 2000 montrent plus clairement que, même si l’action des Nations unies reste d’abord déterminée par les rapports d’influence entre Etats ou gouvernements, la voix de la société civile, la construction de nouvelles coalitions et l’écho que donne la mondialisation de l’information peuvent changer la donne.
C’est une coalition d’ONG (le réseau contre les mines antipersonnels), soutenue par des puissances moyennes (Canada et Suède, notamment) et par de grandes institutions internationales qui a permis la conclusion du Traité d’Ottawa sur l’interdiction des mines anti-personnels. C’est un schéma similaire qui a permis de créer la Cour Pénale internationale.
On peut penser que c’est dans la construction de convergences de cette nature que réside la voie pour donner enfin à l’ONU son rôle de premier acteur de la paix mondiale.




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