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Du même auteur :
John Capel - Bench Marks Foundation for Southern Africa - Afrique du Sud




Un agenda plus global

PAR John Capel - Bench Marks Foundation for Southern Africa - Afrique du Sud


L’Afrique aussi s’empare de la responsabilité sociale des entreprises, à l’instar de la Bench Marks Foundation of South Africa (1) qui a développé ses propres principes directeurs.


La transition de l’Afrique du sud vers la démocratie et la réintégration de son économie dans l’économie mondiale n’auraient pas pu survenir à un moment plus difficile. Les changements politiques, économiques, sociaux et technologiques de ces dernières années ont transformé les sociétés et la façon de faire du business. Alors que la plupart des gens espéraient une vie meilleure, les gouvernements post-apartheid ont surtout écouté les entreprises et mis en œuvre des politiques économiques profitant au monde des affaires. Les problèmes sociaux et les inégalités se sont en revanche accentués.
La responsabilité sociale des entreprises (RSE) pose la question de savoir quels sont les intérêts servis par le développement économique. Pour le monde des affaires, la RSE consiste à ne rien changer dans la façon de faire du business, tout en réalisant quelques investissements pour la communauté. A contrario, pour la Bench Marks Foundation, la RSE ne se résume pas seulement à la bonne gouvernance, aux droits du travail et à la responsabilité environnementale. La RSE doit être intégrée dans un agenda global de développement et de transformation sociale, tenant compte de l’héritage de l’apartheid, ce qui revient à changer de paradigme et d’état d’esprit et à prendre ses responsabilités pour répondre réellement aux besoins de développement de l’Afrique du sud.

Nos principes directeurs
Nous voulons influencer l’agenda de la RSE pour entraîner l’avènement d’une société plus juste et équitable, une société durable qui bénéficie à tout le monde. Les entreprises multinationales, tout comme les entreprises nationales, doivent prendre leurs responsabilités et devenir socialement responsables. Elles doivent assurer, notamment, de bonnes conditions de travail et une rémunération juste à leurs employés et développer davantage de pratiques écologiquement durables.
C’est pourquoi nous avons créé le Global Bench Marks, un document pratique, basé sur les accords de l’ONU en matière de droits humains, sociaux et environnementaux, qui permet de vérifier, à travers 118 principes et 129 critères, si les entreprises prennent ou pas des mesures sérieuses en matière de responsabilité sociale. Le Global Bench Marks implique que les engagements des entreprises soient formulés dans un code de conduite, qu’ils soient déclinés dans l’ensemble des opérations de l’entreprise et qu’ils soient accompagnés de programmes de formation et d’éducation, de sanctions en cas de non-application…
Les protocoles de management de la qualité sociale doivent inclure une définition des objectifs sociaux et environnementaux, des cibles ainsi que des indicateurs de résultats. Dans l’intérêt de la transparence, des audits externes doivent être conduits par des tiers partis indépendants et les rapports disponibles pour l’ensemble des parties prenantes.
C’est une priorité de la Bench Marks Foundation d’œuvrer au comportement responsable des entreprises et le Global Bench Marks en est un instrument de mesure.

(1) Plus d’information




Dans le même numéro - sur le site :
Edito : Responsabilités engagées !
La responsabilité en questions
N°4 - La responsabilité des entreprises en questions
Spectrum : A qui la faute ?
Au cœur des maquilas… Bienvenue à Las Mercedes !
A propos des maquilas : Un début de réponse
A tout niveau, responsable ?
Misère durable : Shell dans le delta du Niger
Point de vue : L’ambiguïté des acteurs non-étatiques
Une responsabilité à encadrer
Nord et Sud : Des intérêts communs
Épargne salariale : Une démarche originale et ambitieuse
Comment garantir la qualité sociale ?
Trois questions à… Magali Rey Rosa, MadreSelva (Guatemala)