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Du même auteur :
Gilberto Garcia Dueñas - CEAL - Salvador




A propos des maquilas : Un début de réponse

PAR Gilberto Garcia Dueñas - CEAL - Salvador


La RSEE apporte-t-elle des réponses à la situation dramatique des maquilas ? Analyse de Gilberto Garcoa Dueñas, économiste au CEAL (El Salvador).


La Responsabilité sociale des entreprises est un concept qui est de plus en plus systématiquement associé à l’image que les entreprises et, surtout les multinationales, veulent donner d’elles au public. Pour autant, ce concept est bien plus qu’un simple argument publicitaire. A un moment où les entreprises cherchent à prouver qu’elles sont capables de s’autoréguler, la responsabilité sociale devient une référence idéologique qu’elles se doivent de promouvoir. Ne prétendent-elles pas : "Nous pouvons nous surveiller nous-mêmes ?".

Nœud gordien
A l’ère de la mondialisation, la responsabilité sociale des entreprises est l’une des plus grandes contradictions du capitalisme. Les entreprises ont développé un système de production qui leur permet de ponctionner un maximum de ressources dans les pays, les sociétés et les territoires où elles interviennent, et ce, à un niveau sans précédent dans l’histoire. Le pouvoir de destruction des entreprises est également immense. Leur activité entraîne également la destruction de dynamiques économiques, sociales, environnementales et culturelles que, dans la plupart des cas, elles ne reconnaissent pas ou auxquelles elles n’accordent que peu de valeur.
Pour autant, la responsabilité sociale des entreprises ne s’applique pas, dans l’immense majorité des cas, à l’ensemble de la structure économique et productive des multinationales. En résumé, c’est comme si elle n’était qu’un autocollant avec de jolis slogans posé sur un bulldozer qui détruit tout sur son passage.
Certes, nous avons appris que, récemment, des grandes marques de vêtements, comme GAP, Reebok-Adidas ou Nike, ont créé, en leur sein, des "divisions de la conformité" pour, soi-disant, surveiller leurs sous-traitants. Mais ces divisions se sont surtout révélées être très actives à défendre l’image publique de leur entreprise et s’occupent des relations publiques en matière de droits humains et de droits du travail. Dans la pratique, ce sont les équipes de “sourcing” des entreprises qui contrôlent réellement les opérations.

Le problème à la source
En effet, depuis la Floride, le New Jersey ou la Californie, les équipes de sourcing contrôlent les rythmes de production de centaines d’usines installées dans les Caraïbes. Ce sont elles qui décident réellement comment, combien et dans quels délais doit produire la main d’œuvre employée dans les “maquilas” d’Amérique centrale et des Caraïbes. Les "divisions de conformité" ont d’ailleurs reconnu n’avoir aucun pouvoir sur le sourcing, déclarant même qu’il devait en être ainsi pour que l’entreprise puisse “faire des bénéfices”.
On observe aujourd’hui que les principales multinationales du textile achètent de plus en plus en Chine. Interrogées à ce sujet, elles répondent que les marques ne transfèrent pas leurs activités en Chine. Evidemment, cela fait déjà un bon moment que les usines qui fabriquent les vêtements que les marques vendent dans leurs magasins aux Etats-Unis ne sont plus considérées comme faisant partie de «  leurs activités propres », ni même comme des sous-traitants. Ce sont des usines auxquelles elles achètent des produits. En revanche, les marques exercent, de fait, un contrôle impressionnant sur les usines dans lesquelles elles « achètent ». Les équipes de sourcing contrôlent jusqu’au plus infime détail les conditions de production de ces usines. Bien entendu, lorsque l’une de ces usines est dénoncée pour un quelconque abus et que l’on demande à la marque de prendre ses responsabilités, elle s’excuse toujours en déclarant « Nous n’appartenons pas à la même entreprise » ou «  Ce n’est que l’une des nombreuses usines auxquelles nous passons commandes ».

Cependant, il faut reconnaître que la nécessité pour les grandes entreprises d’adopter le terme de “responsabilité sociale” est aussi le reflet d’un processus croissant qui a vu les groupes de consommateurs augmenter, d’une part, leur niveau de conscience, et d’autre part, leur capacité d’influence.
Le mouvement mondial pour le droit du travail doit maintenant sérieusement réfléchir à la manière de s’organiser pour faire face à la connaissance qu’ont acquise les entreprises dans le champ de la responsabilité sociale.




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