Altermondes



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Accueil du site > N° 3 - Septembre 2005 > Coup d’éclat citoyen

Coup d’éclat citoyen

PAR David Eloy - Altermondes


En 2002, la mobilisation populaire malgache avait fait échouer le coup d’état électoral de Ratsiraka. Trois ans plus tard, la société civile malgache s’organise pour devenir un véritable interlocuteur du gouvernement.


« Une première historique qui va certainement marquer l’histoire de Madagasca] ! ». C’est en ces termes forts que Lalao Randriamampionona, Présidente de la Plate-forme nationale des organisations de la société civile de Madagascar, présente les résultats de la Convention de la société civile malgache qui s’est tenue à Antananarivo, du 20 au 23 juin (1).

Bouchées doubles
Aboutissement d’un processus de plus de deux ans de sensibilisation et de mobilisation du grand public, s’appuyant sur les associations, collectifs de citoyens, plateformes thématiques (Dette et développement, droits humains, etc.) et ateliers préparatoires régionaux, la Convention a réuni plus de 400 participants venant des 22 régions de la Grande Ile. Elle a permis la création de la Plate-forme nationale de la société civile malgache et l’adoption d’une Charte commune des organisations de la Société civile de Madagascar qui souligne qu’il y a « trois piliers dans le développement du pays : l’Etat, le secteur privé et la société civile ». Une affirmation qui installe la société civile comme partenaire à pied d’égalité avec le pouvoir officiel.

La société civile va donc désormais pouvoir mettre les bouchées doubles pour jouer pleinement son rôle dans le développement durable du pays, la réduction de la pauvreté, l’instauration de la démocratie et la lutte contre la corruption. La Plate-forme nationale de la société civile malgache, en tant que cadre organisationnel articulant les niveaux national et décentralisé, entend ainsi jouer « un rôle de plaidoyer pour que les aspirations et les desiderata des populations soient effectivement traduites par le gouvernement dans des programmes, des stratégies et des projets de développement » précise Lalao Randriamampionona. « Depuis une quinzaine d’années, on nous répète le rôle décisif de la société civile dans le développement et la lutte contre la pauvreté, poursuit-elle. La Plate-forme nous permet maintenant de mieux structurer les organisations de la société civile pour qu’elles puissent vraiment pleinement jouer leur rôle ». C’est-à-dire un rôle d’éducation au niveau des populations pour que ces dernières connaissent leurs droits et prennent leurs responsabilités. Mais aussi un rôle d’acteur pour le développement économique, social et culturel.

Retour aux sources
« La politique, pour la société civile, c’est la politique citoyenne, se plait à rappeler Lalao Randriamampionona. On en revient au sens étymologique du terme polis, c’est-à-dire la cité ». Politique citoyenne qui se distingue des pratiques des partis politiques soupçonnés de n’accéder aux pouvoirs que pour défendre des programmes, des stratégies ou des projets qui ne sont pas forcément conformes aux véritables intérêts des populations.

« Nous espérons qu’à l’avenir la Plate-forme sera l’interlocuteur incontournable de tous les acteurs du développement » conclut-elle. Une démarche qui s’est déjà amorcée lors de la Convention pendant laquelle des rencontres avaient permis à la société civile d’interpeller les partenaires au développement (État, élus, partis politiques, secteur privé, etc.) pour débattre de ses positionnements, notamment sur la mondialisation et la dette.

(1) Côté société civile française, le Consortium de solidarité avec Madagascar, le CCFD, Survie et SoaMad ont participé activement à cette convention.




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