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Le 23-02-2015 à 15:02

Spéculation sur les denrées agricoles : les banques récidivent

Par Rédaction

Les banques françaises ont décidément du mal à se sevrer de la spéculation sur les matières premières agricoles. En 2013, Oxfam France avait mis quatre grands groupes bancaires face à leur responsabilités et obtenu, de la part de certains d’entre eux, des engagements.  Deux ans après, l’ONG livre un bilan mitigé des avancées.

« La spéculation galopante sur les marchés dérivés de matières premières agricoles aggrave la volatilité des prix alimentaires, et prive les populations les plus pauvres de l’accès aux denré alimentaires de base, explique Clara Jamart, co-auteure de l’étude pour Oxfam France. Ces activités toxiques mettent en péril le droit à l’alimentation de centaines de millions de personnes ».

Dans une précédente étude datant de février 2013, l’association avait identifié quatre groupes bancaires français se livrant à ce type d’activité : la BNP Paribas, la Société Générale, le Crédit Agricole/LCL et le groupe BPCE (Caisse d’Épargne et Banque Populaire). Pas moins de 2 583 millions d’euros ont été investis dans des fonds destinés à la spéculation sur les denrées agricoles. Oxfam avait alors fait pression auprès de ces établissements bancaires, jusqu’à obtenir des engagements sur l’arrêt de ces activités.

Des promesses globalement non tenues

Deux ans après, les promesses des banques n’ont été que très partiellement honorées :

Principaux engagements Bilan des engagements
 BNP Paribas  Fermeture de 2 fonds indexés sur les matières premières agricoles sur les 10 repérés par Profundo et Oxfam France. Six des treize fonds gérés par la banque ont été fermés, mais quatre nouveaux fonds ont été ouverts. Il n’y a donc pas eu de changement sensible dans le volume d’activités spéculatives qui aujourd’hui atteint 1 359 millions d’euro
 Natixis (groupe BPCE)  Aucun engagement Le groupe possède toujours un seul et unique fonds, dont le montant total a augmenté de près de 43% et s’élève aujourd’hui à 884 millions d’euros.
 Société Générale ● Suspension des souscriptions sur 1 fonds indexé sur les matières agricoles,et liquidation de 2 fonds du même type. Soit, à terme, la fermeture de trois fonds sur les 4 gérés à 100% par la banque et repérés par Profundo et Oxfam France.
● Engagement à ne plus créer de fonds dont l’objectif est d’investir sur les matières premières agricoles.
3 fonds ont été fermés mais la Société Générale commercialise encore sept fonds actifs pour un montant de 1 359 millions d’euros. En effet, trois fonds n’avaient pas pu être repérés en 2013 par Oxfam  en raison de la très grande opacité des données. Aucun nouveau fonds n’a été ouvert depuis 2013
  Crédit Agricole ● Fermeture de trois fonds indexés sur les matières premières agricoles, soit l’ensemble des fonds connus gérés par Amundi.
● Arrêt des activités de courtage sur les matières premières, y compris agricoles.
Engagements tenus

Pire, Oxfam France constate un’augmentation globale des fonds que les banques sous la sellette allouent à la spéculation agricole. Fin 2014,  ils ont atteint 3 561 millions d’euros. « Malheureusement, force est de constater que les promesses n’ont pas véritablement fait le poids face à l’appât du gain, souligne Clara Jamart. La Société Générale a certes fait un important effort de transparence et a globalement tenu ses promesses, mais c’est aujourd’hui la banque française qui spécule le plus sur la faim : elle doit impérativement aller plus loin ! La BNP Paribas, elle, n’a tout simplement pas respecté ses engagements. Le groupe BPCE était le seul à n’avoir pas fait de promesses en 2013, il est largement temps qu’il assume enfin ses responsabilités. » Quant au Crédit Agricole, il a respecté son engagement en cessant toute activité spéculative de ce type. Néanmoins, la banque refuse formellement de rendre cet engagement définitif, laissant planer le doute sur un éventuel retournement de situation à l’avenir.

Réforme bancaire en panne

Que dit la nouvelle loi bancaire
Trois articles de la Loi de séparation et de régulation des activités bancaires adoptée le 18 juillet 2013 traitent spécifiquement des matières premières. L’art. 14 prévoit l’imposition aux acteurs financiers d’un plafond sur le nombre de contrats passés sur une matière première agricole donnée dans un temps donné. Les art. 15 et 16 concernent en revanche la transparence des activités spéculatives sur les marchés dérivés de matières premières agricoles.

Promesse de campagne de François Hollande, l’affirmation du rôle de l’État français en tant que « régulateur de la finance » tarde selon l’ONG : « Plus d’un an et demi après le vote de la réforme bancaire, les mesures législatives concernant la transparence et la régulation des marchés dérivés de matières premières agricoles ne sont toujours pas mises en œuvre. » En plus de réclamer une application stricte de la nouvelle loi bancaire, Oxfam appelle aussi le gouvernement actuel à interdire la commercialisation des outils spéculatifs « toxiques », dont font partie les fonds indexés sur les cours des matières premières agricoles. « Cette étude nous montre bien qu’il est illusoire de se fier à la seule bonne volonté des acteurs bancaires. L’État doit jouer son rôle, et l’autorité des Marchés Financiers doit appliquer la loi », conclut Clara Jamart.

Crédit photo : Burkina Faso 2011, Philippe Revelli

  
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