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Le 02-02-2016 à 10:02

Soudan du Sud et Soudan : des conflits qui n’en finissent pas…

En 2011, la partition entre le Soudan et le Soudan du Sud augurait d’un apaisement du conflit qui déchirait le pays. Loin s’en faut. Le Soudan du Sud, le plus jeune État de la planète, est en guerre civile depuis deux ans. Les cessez-le-feu successifs n’ont tenu que quelques heures et la crise humanitaire est majeure. Un peu plus au nord, dans les monts Nouba, dans le sud du Soudan, l’armée soudanaise mène des raids aériens et bombarde les infrastructures civiles.

L'invasion des supermarchés : les pays du Sud doivent-ils en avoir peur ?
Cet article est paru dans le numéro 44 d’Altermondes

9 juillet 2011. Six ans après les accords de paix de 2005, la déclaration d’indépendance du Soudan du Sud est accueillie par des cris de joie. La population célèbre la naissance du 54e État du continent africain. Voilà qui met fin à plus de cinquante ans de conflit au Soudan, entre le nord, de culture arabo-musulmane, et le sud, de culture chrétienne et animiste, à la population noire. Les populations du sud se sentant marginalisées. L’euphorie n’est que de courte durée. La guerre civile éclate en décembre 2013, lorsque le président Salva Kiir accuse son ancien vice-président, Riek Machar, de fomenter un coup d’État. Très vite, le conflit devient ethnique entre les Nuer, de l’ethnie du chef de la rébellion Riek Machar, et les Dinka, du président Salva Kiir. « On avait un compromis à la tête du pays entre les Nuers et les Dinkas qui s’est effrité, ce qui prouve que l’indépendance n’a pas été suffisamment préparée. Le vrai problème, c’est le pétrole. La lutte pour l’or noir alimente le feu de la guerre », affirme Romain de Vries, responsable du pôle Urgences internationales du Secours catholique.

Massacres et famine
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Une école dans les monts Nouba, au sud du Soudan – crédits : Ana Isabelle Silva

En août dernier, les belligérants ont ratifié un accord de paix, le huitième conclu depuis le début du conflit, mais, cette fois encore, le cessez-le-feu n’a pas été respecté. En deux ans, la guerre a fait 50 000 morts, 13 000 enfants soldats sont enrôlés, et les deux camps sont accusés de torture, de viols de masse et de massacres d’innocents. Human Rights Watch parle de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Le conflit a par ailleurs déplacé plus de 2 millions de personnes à l’intérieur du pays ; 500 000 ont fui pour les pays voisins. On estime que 3,5 millions de personnes souffrent de la faim à des niveaux alarmants. « Mais les ONG ont du mal à accéder aux populations en détresse à cause des attaques de convoi, de l’insécurité et du manque de carburant. Il y a des zones notamment dans l’État de l’Unité, dans le nord, où l’aide n’arrive pas ! » explique Ana Isabelle Silva, spécialiste de la zone, au Secours catholique. Depuis 2014, l’association s’engage auprès de déplacés dans deux camps tenus par l’ONU à Juba, la capitale. Avec son soutien, des religieuses des Daughters of Mary Immaculate (DMI) offrent des soins de santé et distribuent des compléments alimentaires, notamment des biscuits nutritifs pour les enfants, afin de prévenir la malnutrition. Les sœurs ont également mis sur pied des écoles pour 300 enfants. « Dans les camps, de nombreuses familles vivent dans des situations d’hygiène déplorables. On voit beaucoup d’enfants malnutris, ce sont les plus vulnérables. Et les maladies se répandent : paludisme, diarrhée, choléra, typhoïde », raconte Soeur Vigili Dali, de la DMI. « Notre aide permet à ces populations de survivre », poursuit Sœur Baschal, médecin.

Les oubliés de la paix de 2005
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Dans les camps du Soudan du Sud, de nombreuses familles vivent dans des situations d’hygiène déplorables – crédits : Ana Isabelle Silva

Si les médias s’intéressent de temps à autre à la guerre civile au Soudan du Sud, il y a des conflits un peu plus au nord, au Soudan, qui sont tombés dans l’oubli : la crise dans les monts Nouba dans le Kordofan du Sud, et au Nil bleu. En vertu des accords de paix de 2005, ces deux régions sont restées au Soudan. Leurs populations ont beau s’être battues pendant des décennies aux côtés de la SPLA, elles restent les oubliées des accords de paix. Alors, après l’indépendance officielle du Soudan du Sud, les rebelles ont repris les armes et formé le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord, le SPLM-N, en 2011. Ils s’opposent à la politique d’arabisation de Khartoum. « Le peuple nouba, dans le Kordofan du Sud, est marginalisé depuis des décennies par le Nord car il est noir. De plus, la région est le principal pourvoyeur de pétrole du pays alors Khartoum, déjà ébranlé par la perte du Soudan du Sud, a la volonté ferme de récupérer ce territoire et ses richesses », analyse Romain de Vries.

Et pour cause : les rebelles du SPLM-N contrôlent le Kordofan du Sud et la population leur est favorable. Alors Khartoum bombarde régulièrement la région. Le SPLM-N ne disposant pas de forces aériennes, il ne peut riposter. En août dernier, Amnesty International a dénoncé des « bombardements aériens aveugles et des attaques délibérées contre des écoles ou des hôpitaux ». Entre janvier et avril 2015, ils ont coûté la vie à 35 civils. Selon l’ONG, l’intensification des bombardements au moment des récoltes porte à croire qu’il s’agit là d’une stratégie des autorités soudanaises visant à empêcher la population de cultiver et, par conséquent, de survivre dans leur territoire.

Des civils pris en otage

S’ajoute à cela un embargo imposé par Khartoum : les ONG ne sont pas autorisées à venir dans le Kordofan du Sud, où toute action humanitaire est illégale ! « Il y a une pure violation du droit international humanitaire. Non seulement l’armée bombarde sciemment des infrastructures civiles, mais elle bloque aussi l’aide humanitaire. Cette politique vise à terroriser la population nouba pour discréditer les rebelles », s’insurge Romain de Vries. « Résultat : un quart de la population, qui s’élève approximativement à 1,4 million d’habitants, vit dans des conditions précaires et dangereuses », poursuit Ana Isabelle Silva.

Malgré l’embargo, le Secours catholique soutient le diocèse d’El Obeid qui gère un hôpital à Gidel, le seul de la région, lequel fut bombardé en mai 2014 par l’armée soudanaise. « Les Noubas souffrent de nombreuses maladies comme la diarrhée, la malnutrition, le paludisme, des problèmes de respiration, etc. », explique Ingrid Revaug, en charge du projet. Le diocèse organise également des campagnes de vaccination, accueille 3 000 enfants dans différentes écoles et apporte une aide alimentaire. La guerre civile au Soudan du Sud complique l’arrivée de cette aide. Auparavant, les convois arrivaient par le sud. Dorénavant, un pont aérien a été installé entre le Kenya et la frontière Soudan/Soudan du Sud. 100 000 habitants des monts Nouba ont par ailleurs fui… pour le Soudan du Sud également en guerre. « Dans cette région du monde, dans le sud du Soudan, comme au Soudan du Sud, les civils sont pris en otage depuis 50 ans, résume Ana Isabelle Silva. La population ne connaît que les conflits : leurs villages sont détruits, leurs proches tués, ils n’ont pas à manger, ne sont pas soignés. La situation est catastrophique. »

Crédits photo de Une :  Steve Evans

  
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