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Le 31-03-2016 à 13:03

Au Sénégal, plaidoyer pour l’avortement médicalisé

Au Sénégal, la Task force pour l’avortement médicalisé mène le plaidoyer pour l’autorisation de l’avortement dans certains cas. Amy Sakho, sa coordinatrice, revient sur cette mobilisation, les avancées obtenues et les perspectives de changement.

Comment cette mobilisation s’est-elle construite ?

Selon l’article 305 du Code pénal sénégalais, les femmes ayant recours à un avortement encourent jusqu’à deux ans de prison ainsi qu’une amende.

Amy Sakho : En 2008, le ministère de la Santé a publié une analyse selon laquelle les avortements clandestins, largement pratiqués, constituaient la cinquième cause des décès maternels. Sur la base d’une étude menée par le personnel de santé à travers le pays, le ministère a ensuite recommandé de sensibiliser la population aux risques que présentent ces avortements (décès, prison), et de réformer la législation sur l’IVG. En 2013, le ministère de la Santé a établi un  réseau pluridisciplinaire composé de juristes, sociologues, personnel médical, activistes… sous le nom de Task force pour l’avortement médicalisé. Notre objectif est d’obtenir l’autorisation de l’avortement dans les cas prévus par le Protocole de Maputo. Encore aujourd’hui, les chiffres sont accablants : chaque jour, 5 femmes meurent à la suite d’un avortement.

Quelles sont les évolutions positives obtenues par ce mouvement ?

Le Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique adopté à Maputo en 2003 et ratifié par le Sénégal en 2005 fait obligation aux États d’autoriser l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus.

A.S. : Jusqu’à présent, la loi n’a pas changé. En 2015, la Task force a finalisé un projet de réforme et l’a remis aux autorités. Nous avons bien sûr le soutien du ministère de la Santé, mais aussi celui du ministre de la Justice et de plusieurs parlementaires. Notre combat est donc en bonne voie. L’opposition provient notamment de groupes religieux, mais certains nous soutiennent en utilisant des arguments fondés sur l’islam. Ce plaidoyer a aussi permis d’ouvrir un débat public sur le droit à l’avortement dans certains cas, ce qui n’était pas évident au départ. Nous avons effectué un travail important de sensibilisation. Lors des causeries et forums que nous organisons, la plupart des participants adhèrent à la nécessité d’autoriser l’avortement dans les cas énumérés par le Protocole. Nous observons en revanche un rejet de l’avortement sur demande.

Si la loi est réformée, quelles seront les revendications de la Task force pour garantir l’accès des sénégalaises à l’avortement médicalisé ?

A.S. : Nous demanderons l’application effective de la loi. L’existence d’un danger pour la santé ou la vie de la femme, d’une malformation du fœtus, d’un viol ou d’un inceste devra pouvoir être certifiée par un seul prestataire de santé. Actuellement, l’avis de trois médecins est requis pour attester que la vie de la femme est en danger. Nous portons également un projet de décret d’application qui prévoit la gratuité de l’IVG et des soins post-avortement. Nous nous opposerons aussi à toute introduction d’une clause d’objection de conscience. Si une telle clause devait être adoptée, nous demanderons à ce que ceux qui refusent de pratiquer des avortements aient l’obligation de référer les patientes à d’autres prestataires de santé.

  
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