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Le 11-02-2016 à 11:02

« Retour sur le bitume Zone rouge » : une nouvelle de l’écrivain Raharimanana

Par Jean-Luc Raharimanana

En 2009, Madagascar s’enfonce dans une crise politique qui oppose les partisans du maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, à ceux de Marc Ravalomanana, président de la République malgache, élu en 2006. Manifestations et émeutes secouent le pays. L’écrivain Jean-Luc Raharimanana se souvient et, dans une langue orageuse, se plaçant à hauteur de rue, il condamne le conflit entre le DJ (Rajoelina a commencé sa carrière comme disc jockey) et le laitier (Ravalomanana a fait fortune dans l’agroalimentaire). Une lutte pour le pouvoir dont le bien-être du peuple n’était pas l’enjeu.

Je ne dors pas, mes rêves m’éloignent du sommeil.

Hors série 10 ans d'Altermondes
Cette nouvelle est parue dans le hors-série 10 ans d’Altermondes

Le vent est doux encore mais je sens bien que la chaleur de la terre s’affaiblit. Le vent m’emporte une plume. Elle est blanche puis rouge. Ce n’est pas mon sang. Elle est rouge puis noire. Ce n’est pas ma nuit. Elle est noire puis redevient rouge. Hein Momo qu’on y a laissé des plumes sur cette place. Ailleurs, cette place ils l’appellent Place de la Kasbah, Place de la Libération, Place Lumumba, Place Um Nyobe. Nous étions de la horde des voleurs de songes. Nous étions ceux dont l’espérance était sang irriguant les veines. Sur cette place Momo, sur cette place qu’ils ont décrétée aussitôt zone rouge. J’avais arraché l’une de mes plumes, l’avais posée par terre ! N’est-ce pas qu’ils l’ont plantée dans le pavé pour qu’elle ne s’envole pas ? Un autre, de nous, a fait de même, arraché une plume de sa peau, posé par terre. Et plume plantée encore dans le pavé ! Ainsi d’une dizaine. Puis d’une centaine. Puis d’un millier. Et d’un champ de plumes fichées dans le pavé, nul espoir qui pousse de nos colères. Nos colères ne parsèment aucun envol.

Nos colères ne s’inscrivent pas dans le champ du possible. Blanche colère puis rouge. Ce n’est pas notre sang. Rouge colère puis noire. Ce n’est pas notre nuit. Je n’oublie pas Momo, nous étions des oiseaux qui marchions contre des créatures de fer et de métal. Ça crachotait la mort et les plumes fichées furent fauchées.

J’ai blessure mon ami. Mais cela ne fait rien. Nos regards rampent et s’égouttent sur les remparts, continuel tracé des larmes, féal sillon de nos silences. Je ne dis plus rien. J’ai une parole trop consciente de l’inanité des gorges rugissantes. Ce siècle se croit trop raffiné pour entendre encore nos rages bestiales. Triomphe des âges avancés, tout contrôler jusqu’au dernier des cris tordant le ventre. Nier la souffrance. Effacer la trace. Corrompre la laideur. Il m’est étrange de ne point sentir la peau de la nuit. Je ferme mes poings sur nos désirs. Nos mémoires nous sont dispersées et s’éparpillent dans l’indifférence. Je connais le vent qui erre et qui n’ose pas franchir nos barrières de peau et d’écorce. Sous nos chairs, l’esquille, nous avons un cri à rendre à l’eau murmurante. Trop de bruits autour de nous, le chant des kalachs, le barrissement des ventres ouverts, et le coeur du bitume qui s’emballe. Les pas sur les peaux et l’on s’envole, Momo.

Je ne me poserai pas. Je ne me poserai jamais.

Vaste gouffre est la nuit pour ceux qui ne dorment pas. Il vaut mieux y plonger pour ne pas penser son infinité. Je plonge au cœur pour oublier le reste. Il fait noir dans les solitudes des pensées mortes. Je m’efforce de ne chercher aucune lueur. C’est contrenature. De ne pas chercher de lueur. C’est contre-nature. De ne pas penser lorsqu’on ne dort pas. C’est contre-nature. De rajouter de la nuit à la nuit. Mais je rajoute de la nuit à la nuit et m’enfonce au coeur de l’obscur. C’est là que les pensées sont les plus à vif. Sans nulle lueur vers nulle diversion. Nues, elles sont nues. Voir disperse la pensée. Voir distrait du désespoir. Ma nuit me ramène à mon néant. Les méandres s’effacent et nous n’avons plus rien à résoudre que la pensée qui ne se pose que sur le vide. Dormir nous recommence dans la fabrique et l’illusion du monde. Veiller nous confronte à l’éternelle vérité : nous étions du vide et nous y retournerons. Notre création et notre existence n’auront été que de gigantesques passe-temps. Sauf à nous faire légendes, de nous, il n’en restera que l’abysse absolu. Il faut en rire Momo, nous fendre en mille ricanements. Ils viendront bientôt ramasser nos vols magnifiques, plier nos vents et ranger nos solitudes. Mais ris, mon ami ! Ris ! Ne t’arrête pas ! Ris !

Le rire nous porte. C’est une force qui nous soulève de l’intérieur et qui provoque nos élans. Le rire nous porte. Il nous projette hors de nos pas. Hors de ces esquisses de danse préméditée. Le rire est une danse sauvage qui ameute nos bestialités. Et nous défaillons. Nous ne contrôlons plus rien. Nous rendons les lois à qui veut. Cela ne nous concerne pas. Et nous défaillons. Nous ne nous présentons plus au monde. Nous rendons nos images et nos postures à qui veut se figer. Le rire nous ébranle et nous malmène. Le rire décompose le sens et désarticule les gestes. Hors de toute représentation. Hors de toute considération. Le rire nous mène où nous avons désir de nous perdre. Hors de nos pas. Hors de nos vues. Hors de tout ce que nous pouvons connaître. Le rire est un monde effroyable où plus rien n’a d’importance, car en vérité, rien n’a d’importance si l’on considère que nous ne sommes qu’une somme de rien et d’insignifiance, que cette vie n’est qu’une vaste farce où nous nous remplissons d’histoire et de vanité. Poussières nous sommes, poussières nous redeviendrons. Nous n’avons que cela comme ultime vérité. Alors nous. Je. Alors je ris. Faible que je suis. Je ris. Pauvre que je suis. Je ris. De ce pays que je suis. Je ris.

Que je te raconte cette vaste farce où la dictature fut la piste de ce clown trébuchant sur un laitier qui crut pouvoir s’introniser empereur sans douter un seul instant qu’il mordra la poussière sous les coups de cul d’un DJ imberbe ayant troqué ses vinyles contre les kalachs des caporaux. Hein Momo. Tu ris ? Trop con pour être vrai n’est-ce pas ? Je ris. De ce pays que nous sommes. De ces entrailles que nous sommes. De ces brûlures que nous sommes. Tremblements de ce rire Momo ! Démantèlement que nous sommes ! Comme si nos poitrines se démembraient de nos corps ! Nos dos se cassent et se plient. On ne s’arrête plus. Le rire nous mène à mort. Je tombe de rire. Mais tu dis Momo que ça fait longtemps, n’est-ce pas, que je suis tombé. Que nous sommes tombés. Cette zone rouge n’est qu’un cimetière provisoire. Ils nous ramasseront bien tout à l’heure pour nous jeter dans la poubelle de nos rêves.

Pour l’instant, nous sommes les rois du bitume, nous volons en groupe de gobeurs d’étoiles.

Il n’y a pas d’importance que l’on vienne de Marrakech ou de Lhassa. De Gaza ou de Ouarzazate. Nous venons de Lomé Kiffa Tahoua Angyul Yazd Akadyr Bengazhi Homs Kamsar Naro Moroni Agadès Batoun Businga Mbandaka Samaxi Rawa Al-Hilah Gujranwala Jaffina Urumqi Numrug Jibaliya Tolagnaro. Nous venons de pays sans nom. Nous venons de ville sans nom. Nous venons d’un quartier, d’une rue, d’une ruelle, d’une impasse sans nom. D’une impasse sans nom. D’une impasse sans nom. D’une impasse innommable. D’une impasse. D’une impasse. Et nous mêmes, nous n’avons pas de nom. Nous n’avons pas de nom pour nous définir. Nous n’avons pas de nom pour nous identifier. Nous n’avons pas de nom pour nous trahir. Nous n’avons pas de nom pour nous soumettre à une identité. Nous n’avons pas de nom pour nous soumettre à une famille, à une ethnie, à une nation. Nous n’avons qu’une seule langue, langue d’étoiles et d’horizon craquelé. Nous n’avons qu’un seul chant, la rhapsodie du vent porteur et du vent migrateur. Nous allons vers les Eldorado sans or et sans conquistadors. Nous allons vers les Eden sans dieux et sans fruits.

Nous volons sur le bitume. Sans nous poser. Ignorant les terres et les lunes. Ignorant les puissances et les attirances. Pour un pays sans territoires.

Je vole. Je ne dors pas.

En bas sont les guerres et les massacres. Les famines et les répressions. Les hommes s’entre-tuent. Les hommes se déchirent. Et nous entendons leurs crimes. Et nous entendons leurs hymnes. Leurs paroles qui nagent dans le cliquetis des armes et la caresse des plaques d’or. Leurs paroles qui tintent parmi les chutes de platine et d’argent. Parfois des résistances abattent les tyrannies. Et des hurlements de joie nous ébranlent, nous font douter. Certains d’entre nous ne peuvent pas alors s’empêcher de regarder en bas. Ils y verront des mains qui s’agitent pour les inviter à redescendre. Ils y verront des signes d’allégresse et d’invitation à se poser enfin. Ceux-là deviennent lourds d’un coup et tombent comme pierre. Ils redeviendront des hommes. Limités à la terre. Ils redeviendront des hommes. Accueillis dans la terre.

Le vide parfois sur la parole vaine, je me dis silence, silence de sagesse, silence de décence ou de pudeur, le vide est le rêve ultime de l’être planant.

Et je pense ainsi Momo, je pense ainsi. Te souviens-tu de l’enfant qui a préféré s’embrocher le ventre plutôt que de continuer à vivre encore sous la dictature de l’Amiral ? Te souviens-tu du vieil homme qui pleurait à la station de taxi-brousse car après avoir confisqué ses terres, le laitier voulait vendre la moitié du pays ? Lorsque personne ne le croyait et que l’on sut d’un coup la nouvelle dans la bouche des étrangers ? Comment appelles-tu cet état où nous nous sommes trouvés brusquement ? La sidération ?

Je n’arrive plus à prendre le vent. Je vois une plume dans le ciel. Noire puis blanche. Ce n’est pas mon innocence. Blanche puis rouge. Ce n’est pas mon soleil qui s’effondre. C’est moi. On aura essayé mon ami ! Tu auras été un moment un oiseau magnifique. Je t’ai vu là-haut, tu étais superbe. Oh oui ! Tu filais dans l’espace comme jamais bouseux n’a foulé le parvis du ciel ! Tu pars ! Ton passeport s’appelle OUBLI !

Retour sur le bitume. L’on est gouverné par des bras cassés. Par des connards. Par des qui se drapent de morgue et de morve démocratique. Ô braves gens qui bavez, votez ! Pour des qui vous représentent, vous, la facture et qui roulent pour vous, sur vos ventres, leurs 4 x 4 décapotables ! Que vos dettes soient bénies ! Que le fruit de vos entrailles soit bien pelé pour qu’ils vous le fricassent ! Ils seront dans les sommets, ils iront internationaux à vous quémander les aides qu’il vous faut, vous : cent ans de dettes ! Minimum ! Ils iront négocier. Ils iront vous négocier, vous ! Ils iront combattre la crise ! La crise mondiale ! Vous crisez bordel ! Vous crisez ! Ici. À cet endroit précis où sont planqués les pourquoi et les putains de bon dieu de merde !

Retour sur le bitume. Zone rouge. Retour. Cela ne sert à rien de hurler. Cette île est entourée de merde qui amortit bien le bruit des gorges qu’on égorge, le bruit des bouches qu’on bouche. J’en ai vu des crieurs par ici. J’en ai vu des hurleurs. J’en ai vu des peinés et des paumés. Des poneys et des pommiers (fais pas gaffe, c’est pour la rime et le crime qui me délire la cervelle…). Je ne sais plus quel âge j’ai, qu’importent les ans que j’ai perdus ici, j’ai trop d’âge sous dictature et corruption déjà ! Alors je me tiens silence et je philosophe.

La vie vaut-elle la peine d’être vécue ? La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Surtout là où commence celle de nos dirigeants bien aimés ? Et ça commence tôt bordel !

Je n’arrive pas à me bouger la racine. Là, face nausée. La nausée est le spectacle des contrastes et des décors dévorants. Ici me mange la gueule béante des richesses nouvelles : belles bagnoles sur pourriture de route et enseignes criardes sur ruine des murs.

La nausée est le spectacle des artifices qui s’ignorent comme tels. Et le triomphe de l’erreur, et le triomphe de l’injuste. La nausée est le spectacle de l’impuissance et du reniement, la fascination à nous offrir proies sans résistance et sans héroïsme. Ne bougent d’un seul frémissement les membres que l’on dévore. Ne résistent d’un seul recul les corps que l’on avale. Les possibles qui nous attendent sont à vue : la chair démembrée et la boue sont deux matières qui s’entendent à merveille. Là se trouve la nausée : de la décollation de la chair à l’âme. Car sans âme sont réellement les pauvres, qu’ils crèvent de leurs chairs décharnées, qu’ils crèvent ! Car sans âme sont les faibles, sans âme, sans manne, sans intérêt, sans ventre utile qui pait ou qui défèque des oeufs d’or. Je ne bouge pas. Je prépare le jaillissement de ma nausée. Et je me tends. Les corps étendus des autres empêchent mes étirements, et le contact de leurs chairs criblées. Je ne sais pas si c’est déchirement ou boursouflure, du creux ou du plein. Le visqueux hésite entre deux sensations, l’écoulement et le spongieux.

Nausée.

Mais je ne devrais pas. Crier. Hurler. L’homme qui crie attire en lui le scandale qu’il dénonce. Le cri, parfois, détourne le regard. Le cri, parfois, élargit le vide. Je ne devrais pas. Pas crier. Pas hurler. Je dérange la tranquillité des anges (je sais rime facile toujours, range les anges), ils mangent pas de cette fange ! Mais je préfère abuser de l’absurdité, ab/user, ab/surdité, ça m’use toute cette surdité, abcès qui ne cède et qui ne cesse, le cri est un abcès dans la gorge, plaie en purulence d’indifférence, tue d’abord son auteur…

Retour sur le bitume. Zone rouge. Retour. Ici l’on ne cache rien. La richesse comme la pauvreté. Elle est même exaltée, Madame la Pauvreté ! Elle est nue ! Elle est sensuelle ! Elle est humaine ! Elle est simple ! Elle a le sourire ! Pas comme Madame la Richesse qui stresse ! Qui a peur de tout perdre ! Madame la Pauvreté n’a pas peur de perdre quoi que ce soit ! Elle a la richesse de son âme Madame Ma Pauvreté ! Et l’âme, ça ne se perd pas ! Ici l’on ne cache rien. La richesse comme la pauvreté. L’on exhibe les perles et l’obésité. L’on exhibe les os à ronger et les chairs bien dépravées. Et les bagnoles qu’on roule sur les gueux. Et les queues qu’on soûle de puissances, de putes et de pouvoir. L’opulence qu’on dégouline sous le soleil des affamés.

Je ris.

Cela m’arrive de rire sans savoir m’arrêter.

Mon rire est-il plus sale que les discours bassinés dans l’eau crachée des droits de l’homme ? Je ris de la misère et des miséreux. Ils ont la tête fière et la diarrhée au cul, l’oeil perdu et le chapeau bien en place, la gorge qui fait hum hum avant de débiter un coulis de parole pleine de dignité. Ils caressent le murmure pour en extraire des douceurs, la bouche pas trop ouverte car l’haleine puant le ventre vide. Surtout, ne pas se trahir. Montrer que tout va bien. Tout va bien mon ami. Et toi ça va ? La famille ? Et le petit ? Ah ! Il est parti ? Ah ! Il est parti… Ah ! Avant-hier dans la nuit ? La nuit porte conseil mon ami et parfois dépose les cauchemars…

Oui, c’est bien cela, dépose ce qu’elle veut d’obscur, la réalité et quelques sorts inéluctables.

Je ne me moque pas des miséreux, je me moque de ma misère.

Ta gueule ! Je ne peux pas mourir. Je ne meurs pas.

Je ne meurs pas de la balle pourfendant ma gorge. Elle passe juste la balle. Pour poser un trou. Ma gorge a besoin d’un trou pour évacuer les cris me puant le coeur. Et ça chuintera de la chiasse verbale crevée. Je ne meurs pas. Elle passe juste, la balle. Pour épandre la poudre d’or de la puissance. ça me débouquera les orgues des organes garrottés. Ça me fera du bien cette bonne guerre de balle perdue. Hein Momo ! N’est-ce pas que nous avons besoin d’une bonne guerre bien sentie pour comprendre la vie ? Hein Momo ! Tu ne réponds pas ! Tu ne réponds pas ! T’es mort Momo ! T’es mort comme les autres !

Ta gueule !

À vot’bon se’vice, je me dégueule !

Je ne meurs pas. Les autres meurent. Je ne meurs pas. Les autres meurent. Je ne meurs pas. Je ne peux pas mourir. Plutôt crever que mourir !

On s’en fout. On s’en fout.

Retour sur le bitume. Zone rouge.

Je ne vois plus mon ombre, normal, que j’ai ravalée, normal, basse sur terre, piétinée. Absurde, le soleil ne connaît rien à la nuit, traque les ombres, je planque la mienne, d’ombre, que j’ai froissée comme un bout d’étoffe. Elle est là, entre la peau et la chair. J’ai peur. Je ne laisse aucun soleil fouiller sous ma peau. Il éclaire déjà ma honte étale. L’ailleurs n’est que le rêve devant soi. On va au rêve les yeux fermés. N’est-ce pas Momo ? Dis-le-moi que je crève mes yeux ! Le mieux ne se désire qu’en conscience du désastre.

Je vais dormir.

Le paradis face nausée n’avale jamais sa salive…

Je déroule mon ombre sous mes paupières, et je dors.

  
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