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Le 09-12-2015 à 17:12

Quatre sponsors de la COP21 délocalisent leurs émissions carbone au Sud

Par Mathieu Viviani

Carrefour, LVMH,  Kering et EDF : quatre entreprises sponsor de la COP21 accusées de « délocalisation environnementale », à savoir de dissimuler une grande partie de leurs émissions de gaz à effet de serre (Ges) à travers la délocalisation au Sud des maillons les plus polluants de leur chaîne de production. C’est l’une des conclusions de la dernière étude du bureau d’études Basic avec l’Observatoire des multinationales. Decryptage

Carrefour, LVMH,  Kering et EDF : quatre entreprises sponsors de la Conférence climat de Paris  accusées de « délocalisation environnementale », à savoir de dissimuler une grande partie de leurs émissions de gaz à effet de serre (Ges) à travers la délocalisation au Sud des maillons les plus polluants de leur chaîne de production. C’est en tout cas l’une des conclusions de l’étude Gaz à effet de serre : doit-on faire confiance aux grands groupes pour sauver le climat ?, publiée par le Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne (Basic) et l’Observatoire des multinationales (Odm).

Le géant de l’agroalimentaire Carrefour a une partie significative de sa production localisée chez ses fournisseurs étrangers, dont les émissions indirectes avoisineraient 85% de son empreinte carbone globale. Le géant du luxe LVMH générerait 60 à 70% d’émissions au Sud, notamment dans les pays d’Amérique latine et Asie où il s’approvisionne en matières premières. Cela représente quatre fois les émissions liées à la distribution de ses produits. Même constat pour Kering, fabricant de prêt-à-porter et de maroquinerie derrière la célèbre marque Puma, qui s’approvisionne en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie Pacifique. Bien que ce groupe ait initié depuis l’an dernier une réforme de sa politique d’approvisionnement, cette démarche ne se traduirait pas en termes de réduction de ses émissions de Ges qui sont en augmentation depuis deux ans sur le périmètre de ses activités. Quant à EDF, le groupe ne communique que sur ses émissions de CO2 en France : un paradoxe lorsqu’on sait qu’un quart de l’activité du groupe se situe à l’étranger.

« Cette tendance à l’externalisation témoigne de l’interdépendance croissante entre les secteurs et les pays le long des chaînes de valeur, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la consommation des produits, commente l’étude. Ce phénomène questionne aussi l’approche de lutte contre le dérèglement climatique par traitement séparé de chaque secteur d’activité des entreprises (énergie, transports, agriculture…) »

« Trompe l’œil » dans les objectifs de réduction carbone de l’UE
Infographie : délocalisation des émissions (Rapport Basic et Odm sponsor COP21)
cliquer pour agrandir

La « délocalisation environnementale » pratiquée par de nombreuses entreprises serait favorisée par l’internationalisation de  leur chaîne de production via leurs fournisseurs et sous-traitants étrangers. Pour les experts du Basic et de l’Observatoire, cette pratique s’apparenterait à celles – plus connue par le grand public – de la « délocalisation sociale » (en quête de plus bas salaires et moins de protection des droits des travailleurs) et à l’« optimisation fiscale », régulièrement dénoncées par les organisations de la sociétés civile et les syndicats du monde entier.

Un rapport du Global Carbon Project estime que 70% des réductions d’émissions de Ges gagnées depuis 1990 dans l’Union européenne, auraient été « annulées » par l’accroissement des émissions « importées » de pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil, via la « délocalisation » de la production ou de l’approvisionnement en matières premières. Si l’Union européenne semble officiellement avoir déjà atteint ses objectifs de réduction carbone pour 2020 (-25% au lieu de -20%), ce chiffre serait un « un trompe l’œil ». Christophe Alliot du Basic insiste :

« En réalité, nos émissions ont très peu diminué car nous importons toujours plus de produits qui génèrent des émissions croissantes et non comptabilisées. De même, à l’échelle d’une entreprise, suivre ses émissions de gaz à effet de serre isolément de ce qu’elle génère en amont, mais aussi en aval, revient à se concentrer sur l’arbre qui cache la forêt. »

La régulation publique pour lutter contre le phénomène

« Si les grands groupes que nous avons analysés font des efforts indéniables, les résultats ne semblent ni à la hauteur des enjeux, ni à la mesure du pouvoir économique qu’ils ont acquis dans leurs secteurs respectifs », estime Sylvain Ly du Basic. L’absence de standards communs en matière d’évaluation des émissions permet aux entreprises de cacher plus facilement le détail de leurs émissions de gaz à effet de serre. C’est pourquoi le Basic et l’Observatoire des multinationales rappellent que l’engagement volontaire des entreprises ne peut se substituer à la régulation publique et juridique des Etats. « Nos dirigeants politiques doivent désormais dépasser les postures et les engagements non contraignants pour prendre leurs responsabilités et affronter les dilemmes correspondants. », conclut le rapport. C’est tout l’enjeu des mécanismes de régulation qui émergeront (ou pas) de l’accord obtenu à la COP21 en fin de semaine…

Photo de Une : Usine près du fleuve Yagtze, en Chine. Crédit  : High Contrast

  
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