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Le 28-01-2016 à 11:01

Les producteurs de lait du Burkina Faso, solidaires de leurs homologues européens

Alors qu’elle fait face à une longue série de contraintes (changement climatique, faible productivité, etc.) l’Union nationale des mini-laiteries et des producteurs de lait du Burkina Faso suit avec beaucoup d’inquiétude le développement de la crise du lait en Europe. Elle multiplie les actions de plaidoyer et les alliances, notamment avec des producteurs européens, pour relever les nouveaux défis. Un article paru dans le dernier numéro de défis Sud, magazine de l’ONG belge SOS Faim.

SOS Faim : défis sud, dossier
Cet article est paru sous le titre Burkina Faso : liste des contraintes s’allonge pour les mini-laiteries dans le dernier numéro de Défis Sud, le magazine de l’ONG belge SOS Faim

La Début décembre, les membres du bureau de l’Union nationale des mini-laiteries et des producteurs de lait (UNMLP) du Burkina Faso se sont réunis à Ouagadougou. En l’espace d’une journée, ils ont fait le bilan de leurs projets. Tous s’accordent pour dire que c’est une période difficile pour les 1700 membres, dont 90% de femmes. « La situation n’est pas reluisante, au regard du contexte national et international. Mais en tant que producteurs, transformateurs, nous sommes motivés pour la survie de notre métier, la survie de notre production », déclare Adama Ibrahim Diallo, président de l’UNMLP. « Nos mini-laiteries sont soit créées par des producteurs ou approvisionnées par des groupements de producteurs. Nous travaillons à développer la production du lait local ».

Hantise de la crise du lait eu Europe

Burkina Faso _ laitParmi les contraintes auxquelles font face les mini-laiteries au Burkina Faso, l’alimentation du bétail demeure un facteur permanent qui contribue à la faible productivité du cheptel. Mais ce qui semble inquiéter le plus les producteurs et transformateurs de lait local burkinabè en ce moment, c’est bien la crise du lait qui sévit en Europe. « Avec la levée des quotas et l’embargo russe, vers où les Européens vont-ils se tourner ? Vers l’Afrique et cela nous inquiète beaucoup », analyse le président de l’UNMLP. « Aujourd’hui le lait en poudre est devenu tellement moins cher qu’on n’est pas compétitif sur le marché. En plus le coût de la production à notre niveau est de plus en plus élevé ».

Solidarité avec les producteurs européens

Pour Adama Ibrahim Diallo, que ce soit en Europe ou en Afrique, les multinationales sont les seules à tirer profit. « Aujourd’hui, tout joue en faveur des industries et multinationales. Ni les producteurs européens ni ceux du Sud ne s’en sortiront. Nous ne recevons  pas de subvention de l’Etat. Les Européens en reçoivent, mais malgré ça ils ne s’en sortent pas (…) On est solidaires. Que ça soit sur le plan national ou international, nous sommes prêts à mener des actions ensemble pour se faire entendre. Le 1er juin dernier, lors de la commémoration de la journée internationale du lait, nous avons eu une rencontre avec le MIG, une association de producteurs de lait belges, afin de voir comment développer le même argumentaire face aux politiciens du Nord et Sud, pour que la production locale du lait soit prise en compte », explique le président de l’UNMLP.

Pour des politiques plus favorables

Adama Ibrahim Diallo est conscient des nombreuses faiblesses des mini-laiteries. Mais cela n’est pas une fatalité. Nous plaidons auprès des autorités. On leur demande de tenir compte de la survie de notre métier, de notre production, de construire des politiques de sorte à amener les producteurs à s’améliorer. Il est intolérable de mettre une grande partie de la population sur la touche, en remplaçant les éleveurs par de grandes multinationales.

Pour l’année 2016, l’UNMLP entend multiplier les actions en direction de l’Etat afin de plaider en faveur de marchés institutionnels. « Si l’Union avait un marché pour approvisionner les cantines scolaires, les hôpitaux, les camps militaires, etc. on n’aurait même pas besoin d’aller en concurrence directe avec les produits importés », soutient Adama Ibrahim Diallo. Les acteurs des mini-laiteries mettent en avant « la qualité de leur lait » comparativement au lait importé. « La qualité est nettement différente, parce que le lait en poudre c’est du lait mort alors que le lait local est vivant. Nous mettons l’accent sur la qualité. On a un potentiel énorme de production, il nous faut juste une bonne politique. Nous avons près de 9 millions de bovins au Burkina.

Des motifs d’espoir

Défendre la production de lait local au Burkina
Les productrices, producteurs du lait et les mini laiteries du Burkina à travers leurs structures nationales, ont décidé de constituer une Union Nationale des mini laiteries et producteurs du lait local au Burkina pour renforcer leurs capacités d’intervention en matière de développement de la production et transformation laitière au Burkina Faso.

Les mini-laiteries parviennent à assurer leur survie. Les premières existent depuis le début des années 1990. Comment expliquer cette longévité ? « Personnellement je pense qu’il n’y a pas d’autre secret qu’être dynamique et permanent sur le terrain… Il ne faut pas non plus compter seulement sur les financements et les dons. Il faut fournir l’effort nécessaire avec le peu que tu as. En 2000 il n’y avait pas plus de 2 ou 3 transformateurs. Mais aujourd’hui on peut compter 45 marques de yaourt. Malgré quelques difficultés, on tient le coup parce qu’il y a une certaine confiance entre nous et nos fournisseurs ».

Cette longévité constitue pour tous l’un des principaux motifs d’espoir. «  Depuis 1990, la quantité de production a augmenté grâce aux unités de transformation, les producteurs n’envoient plus leurs animaux en transhumance, même si certains animaux partent, au moins les vaches laitières restent. Avant, tout le troupeau partait en transhumance en saison sèche ».  Adama Ibrahim Diallo se félicite aussi de l’évolution de la consommation : « La consommation du lait local est entrée dans les habitudes alimentaires. Les Burkinabé savent qu’on peut transformer le lait frais en yaourt et donc de plus en plus de personnes préfèrent le yaourt fait à base du lait local que le yaourt issu du lait en poudre ». Il note aussi avec satisfaction l’évolution des systèmes de production. «  Vous allez voir qu’il existe des laiteries artisanales avec des casseroles, mais il y a aussi des laiteries semi-artisanales, des laiteries modernes basées sur le lait local et même des centres de collecte».

Crédit photo : Union nationale des mini-laiteries et des producteurs de lait du Burkina

  
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