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Le 09-03-2016 à 09:03

« Il y a de plus en plus de femmes mauriciennes engagées dans la lutte contre le Sida »

Par Mathieu Viviani

L’Ile Maurice compte aujourd’hui près de 1400 femmes séropositives. Victimes d’une discrimination encore plus forte que les hommes, ces dernières rencontrent de plus grandes difficultés pour accéder aux soins antirétroviraux ou tout simplement parler de leur pathologie autour d’elles. Et pourtant, elles sont de plus en plus engagées dans la lutte contre le Sida. Altermondes a fait le point avec Rachel Constantin, Secrétaire du conseil d’administration de l’ONG mauricienne Prévention Information Lutte contre le Sida (Pils) et administratrice de Coalition Plus.

Quel rôle les femmes mauriciennes jouent-elles dans la lutte contre le virus du Sida ?

Photoportrait_Rachel Constantin_PilsRachel Constantin : Aujourd’hui à Maurice, je remarque qu’il y a de plus en plus de femmes engagées dans la lutte contre le VIH. À Pils par exemple, on compte 15 employés dont 12 sont des femmes. Amita Pathak, l’ancienne secrétaire d’État dédiée à la lutte contre le VIH a beaucoup œuvré en faveur de cette cause. Le docteur Ugodah, une femme médecin travaillant encore au ministère de la Santé est aussi une figure de proue de cette lutte. Ces quelques exemples montrent que les Mauriciennes commencent à s’emparer du problème et passent à l’action pour le résoudre. Mais le paradoxe est qu’elles connaissent beaucoup plus d’entraves que les hommes pour le faire. Par peur d’être rejetées de leur famille, de perdre leur travail, d’être stigmatisées et marginalisées par la société mauricienne, beaucoup de femmes séropositives hésitent à parler de leur pathologie. Car le risque qu’elles prendraient est bien réel. À Pils, nous avons rencontré des femmes atteintes du VIH, qui après avoir parlé de leur séropositivité, ont été jetées à la rue et ont fini par se prostituer…Briser le silence est vraiment difficile face à une telle pression sociale.

Pouvez-vous nous donner des exemples d’initiatives portées par les femmes dans la lutte contre le SIDA à Maurice ?

R. C : Depuis 20 ans, le cœur de métier de Pils consiste à dispenser soins, médicaments, consultations et informations aux citoyens mauriciens atteints du VIH. Nombre de nos bénévoles sont des femmes et notre organisation a été plusieurs fois dirigée par des présidentes. Ceci a permis de donner plus de visibilité aux combats des Mauriciennes séropositives, qui, pour la plupart sont issues des classes populaires. Emilie Trousselit est coordinatrice des programmes de Pils. Elle a un rôle clef puisque c’est elle qui fait le lien entre les bailleurs de fonds et la redistribution de cet argent aux initiatives locales de lutte contre le Sida. Sa sensibilité a permis de faire avancer les choses en faveur des Mauriciennes porteuses du virus. Enfin, nous avons la chance d’avoir une femme membre de l’antenne nationale du Fonds Mondial. Sensible au fléau du Sida à Maurice, elle plaide pour qu’une partie des dons et prêts de l’instance soient constamment alloués à cette cause.

Atelier Pils
Rachel Constantin en plein atelier (crédit : Pils)
 Comment se passe la collaboration entre l’État et la société civile mauricienne dans la lutte contre le VIH ?

R. C : Depuis décembre 2015, le pays a changé de gouvernement. On s’est rendu compte qu’il était moins sensible au fléau du Sida à Maurice. Cette nouvelle équipe gouvernementale a beaucoup de préjugés par rapport aux personnes atteintes du Sida. Elle pense que les personnes contaminées sont essentiellement des consommateurs de drogue et des prostitués. Ce qui n’est pas totalement juste comme information car le VIH touche d’autres catégories de la population à Maurice. Avant, les organisations de la société civile arrivaient à  travailler de manière complémentaire avec le ministère de la Santé. Cette collaboration a permis de mettre en place une politique de distribution du traitement antirétroviral à base de méthadone. Beaucoup de séropositifs en ont bénéficié, ce qui fut une véritable avancée. Récemment, le nouveau ministre de la Santé a fait en sorte que ce traitement ne soit plus prescrit à de nouvelles personnes.  À côté de cela, la répression policière et judiciaire sur les consommateurs de drogues et les prostitués atteints du Sida devient plus sévère. À Pils, nous déplorons fortement cette réponse politique au problème.

Crédits photo de Une : DR

  
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