Connexion

Inscription
Mot de passe oublié ?
Obtenir votre mot de passe abonné

Bienvenue dans votre espace abonné à Altermondes

Découvrez le dernier numéro d'Altermondes
Découvrez tous les numéros d'Altermondes

Continuer à découvrir le site

Inscription

Veuillez utiliser uniquement des caractères alphanumérique (ex: az, AZ, 0-9) et au moins 5 caractères

Minimum de 8 caractères

J'accepte de recevoir la newsletter d'Altermondes

* Champs obligatoires

Se connecter

Demandez votre mot de passe

Veuillez vérifiez votre messagerie. Identifiez-vous

Inscription

Désolé, cette clé ne semble pas être valide.

Remarque: Le mot de passe doit comporter au moins sept caractères. Pour le rendre plus fort, utilisez des lettres majuscules et minuscules, des chiffres et des symboles comme! "$% ^ & Amp;?).

Se connecter

Le 08-01-2016 à 13:01

Palestine : « Montrer aux enfants que le théâtre est plus constructif que les jets de pierre »

Par Mathieu Viviani

Grâce au théâtre, aider les jeunes palestiniens passés par les prisons israéliennes à surmonter leur traumatisme : c’est l’objectif du Yes Theater, une ONG créée en 2007 par des comédiens professionnels à Hébron en Cisjordanie. Rencontre avec Mohammad Issa, co-fondateur de la structure.

Concrètement, comment se déroulent les ateliers théâtraux dispensés à ces jeunes palestiniens anciennement détenus dans les prisons israéliennes ?

Mohammad Issa_Yes TheaterMohammad Issa : Il y a deux types d’atelier. Dans le premier, durant trois mois, nous proposons à vingt enfants des cours d’improvisation théâtrale basés sur leur propre expérience de la détention. À partir de cette matière, un metteur en scène écrit une pièce originale jouée par ces mêmes jeunes et qui est présentée aux habitants d’Hébron. Pendant la représentation, le public peut intervenir en arrêtant les différentes scènes et en proposant des ajustements et des commentaires. Le but est que tout le monde s’empare du sujet et puisse débattre et interagir. Le deuxième type d’atelier dure quinze jours. Il réunit des enfants qui ont connu la prison et leurs parents autour de plusieurs cours de théâtre dramatique. L’idée est qu’ils puissent mettre des mots sur leur souffrance respective par rapport l’épreuve qu’ils ont traversée. Car si les enfants portent des stigmates, leurs parents en ont également.

Comment les participant-e-s réagissent ? Quel impact sur leur reconstruction personnelle ?

M.I : La plupart des participant-e-s trouvent ces ateliers positifs pour se libérer du silence de leur souffrance. Je le répète, mettre des mots sur leur expérience, cela leur fait un bien fou. Bien souvent, lorsque ces enfants sortent de prison, ils alternent des phases où ils se sentent des « héros » à des périodes de dépression. Ceci a pour conséquence de les isoler au sein de leur communauté, voire de leur propre famille. Ces ateliers leur apprennent à s’y réinsérer et leur montrent que l’art et l’éducation ont plus d’impact positif sur leur vie que les jets de pierre.

Rencontrez-vous des difficultés à faire du théâtre à Hébron ? Quels liens faîtes-vous entre celui-ci et les habitants de cette ville ?

M.I : L’armée israélienne nous laisse relativement tranquilles. Pour eux, tant qu’il n’y a pas de violences dans la rue, ça va. Quant aux habitants d’Hébron, au début en 2007, ce n’était pas simple. Hébron est une ville conservatrice au niveau religieux et influencée par la culture des tribus. Lors de nos premiers ateliers, beaucoup de gens nourrissaient de la méfiance envers nous. Mais grâce aux représentations régulières et au côté participatif de nos spectacles, petit à petit, ils se sont rendus compte que notre travail avait un effet positif sur les enfants passés par les geôles israéliennes. C’est là que se situe le lien entre notre projet et la communauté locale. Certes, de temps à autres, on reçoit encore des critiques, mais quelque part, celles-ci  nous poussent à faire davantage pour aller à la rencontre des gens.

Comptez-vous développer votre projet ailleurs ?

M.I : On espère amener le Yes Theater dans d’autres pays où les enfants connaissent la même situation qu’ici. Désormais, nous avons plus d’expérience et nous sommes à même de comprendre les caractéristiques de leur traumatisme. À l’heure actuelle, nous envisageons d’exporter notre programme dans des camps de réfugiés syriens en Jordanie, en Turquie et pourquoi pas en Europe.

  
Découvrez d'autres articles sur les thèmes...

Ajouter un commentaire