Connexion

Inscription
Mot de passe oublié ?
Obtenir votre mot de passe abonné

Bienvenue dans votre espace abonné à Altermondes

Découvrez le dernier numéro d'Altermondes
Découvrez tous les numéros d'Altermondes

Continuer à découvrir le site

Inscription

Veuillez utiliser uniquement des caractères alphanumérique (ex: az, AZ, 0-9) et au moins 5 caractères

Minimum de 8 caractères

J'accepte de recevoir la newsletter d'Altermondes

* Champs obligatoires

Se connecter

Demandez votre mot de passe

Veuillez vérifiez votre messagerie. Identifiez-vous

Inscription

Désolé, cette clé ne semble pas être valide.

Remarque: Le mot de passe doit comporter au moins sept caractères. Pour le rendre plus fort, utilisez des lettres majuscules et minuscules, des chiffres et des symboles comme! "$% ^ & Amp;?).

Se connecter

Le 18-02-2016 à 10:02

Les nouveaux défis des ex-Fralib

Par Mathieu Viviani

Après trois ans et demi de lutte, les anciens salariés de Fralib, filiale du groupe néerlandais Unilever, ont réussi leur pari : monter une Société coopérative ouvrière de thés et infusions baptisée Scop-TI. Leur nouveau défi ? Concilier rentabilité, qualité des produits et responsabilité sociale et environnementale.


1336. Depuis septembre 2015, c’est ce qu’on peut lire sur les boîtes de thé et infusions de la marque Scop-TI ou « Société coopérative ouvrière provençale de thés et infusions ». Ce chiffre représente le nombre de jours qu’a duré la lutte sociale entre les employés d’une usine de Géménos, dans l’arrière pays marseillais, et le géant néerlandais de la grande distribution Unilever. Pour « optimiser sa rentabilité », ce dernier annonçait le 28 septembre 2010 vouloir délocaliser à l’étranger cette unité de production des gammes Lipton et Eléphant, supprimant au passage 183 emplois. La détermination collective de ceux qu’on a appris à appeler les « Fralib » – du nom de la filiale d’Unilever propriétaire de cette usine – a eu raison du plan social de la multinationale.

Scop-TI au défi de la rentabilité

Aujourd’hui les 58 « salariés coopérateurs » de Scop-TI ont relancé la production de leur usine et comptent bien en pérenniser l’activité. Un véritable challenge pour une société qui, dans l’univers ultra-concurrentiel de la grande distribution alimentaire, souhaite accorder autant d’importance à la qualité de ses produits qu’au respect de ses valeurs sociales et environnementales. Olivier Leberquier, directeur général délégué de Scop-TI, confie à ce sujet : « Notre première gamme de produit, “1336”, a été commercialisée en grande distribution. Cela peu paraître étonnant aux yeux de certains car pour exister on a justement combattu contre un géant de l’agro-alimentaire. Mais il faut bien comprendre que c’est une nécessité économique de travailler avec ces acteurs, en tous cas dans un premier temps. » En ce moment, Scop-TI distribue sa gamme « 1336 » chez sept grands distributeurs français. La majeure partie des volumes sont écoulés dans des magasins localisés dans le Sud-Est et le Sud-Ouest de l’Hexagone. Mais en fonction des centrales d’achats, les produits de la Scop sont parfois distribués dans d’autres régions de France.

ScopTI_inter 4
Un salarié-coopérateur dans l’usine Scop-TI
Les circuits alternatifs, en amont et en aval

Si Scop-TI a besoin des réseaux traditionnels de distribution, l’entreprise a commencé à travailler avec sept distributeurs alternatifs : La Vie Claire, Biocoop, Bio c’bon, L’Eau Vive, Naturalia, Les nouveaux Robinson et Biomonde. M. Leberquier précise :

« On trouve ces enseignes intéressantes pour les valeurs qu’elles portent, même si pour l’instant elle ne représentent qu’un petit volume de nos ventes par rapport à la grande distribution. Si ces réseaux se développent, il est n’est pas impossible qu’à l’avenir ils soient parmi nos premiers clients ».

ScopTI_inter 2

Du côté des fournisseurs, en revanche, Scop-TI privilégie déjà les matières premières issues des filières locales : « En général, on négocie très peu le prix d’achat avec les producteurs. Ainsi, il nous arrive de payer 3 à 4 fois le prix du marché. Par exemple, là où la grande distribution achète le tilleul en Amérique latine à 6 euros le kilo, nous, nous allons payer 26 euros le kilo pour du tilleul français de meilleure qualité. »

La coopérative prévoit de lancer 50 000 boîtes  sa deuxième gamme de thés et infusions baptisée « SCOP-TI » en mars prochain. Neuf produits de haute qualité qui seront certifiés bio et commercialisés uniquement dans les filières alternatives telles que des supermarchés bio ou des associations de consommateurs de type Amap. Et Olivier Leberquier de conclure : 

« Cette gamme symbolise un peu l’avenir de la coopérative. Notre but est d’être rentables tout en contribuant à développer les réseaux de distribution et de production de plantes médicinales en France. »

Un film sur le second temps fort de la lutte des Fralibs
Image film - 1336 jours - ScopTIRéalisé par Claude Hirsch, « 1336 jours, des hauts, débats, mais debout » raconte le deuxième volet du bras de fer entre les Fralib et Unilever. Après avoir relaté les débuts de cette lutte dans un premier documentaire, « Pot de thé / POT DE FER », le réalisateur, ancien syndicaliste dans le secteur automobile, dépeint ici les différents rebondissements judiciaires du conflit jusqu’à sa résolution en mai 2014 et la création de Scop-TI.

Crédits photos : Scop-TI

  
Pas de commentaires

Ajouter un commentaire