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Le 12-11-2015 à 08:11

Le tourisme solidaire mis à l’épreuve

Par Jihane Habachi

Le monde « rétrécit » et le tourisme se développe de plus en plus. Avec lui, le tourisme équitable et solidaire, porteur de valeurs. Mais entre les crises politiques et les catastrophes naturelles, c’est tout le secteur qui est mis à rude épreuve. Au détriment des populations locales et des projets de développement soutenus.

Les voyagistes sont inquiets. Ces dernières années ont vu la successions de crises sanitaires (Ebola) et politiques (coups d’état, Boko Haram, …), auxquelles s’ajoutent des catastrophes naturelles (séismes, cyclones, typhons…). Le tourisme équitable et solidaire n’a pas été préservé. « C’est très compliqué, car les destinations historiques, que sont l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb, sont devenues des zones dans lesquelles la plupart des gens ne veulent plus se rendre. », déplore Caroline Mignon, directrice de l’Association pour le tourisme équitable et solidaire (Ates). L’Ates regroupe des voyagistes, des opérateurs relais et des membres associés, engagés pour faire du voyage un levier de solidarité internationale. Entre 4 et 6% du prix des voyages est ainsi consacré à financer des projets de développement locaux. Agriculture, assainissement, ou encore éducation et environnement, les projets sont multiples et gérés par des associations ou populations locales, en fonction des besoins. Entre 60 et 80% du prix du voyage est injecté dans le pays de destination. Une véritable différence par rapport aux voyages « classiques ».

En 2013, c’est 1,5 million d’euros qui a contribué à l’économie locale . Une somme plus que significative. Car sans ces voyages, les partenaires des pays « désertés » se retrouvent sans ressources. C’est ce qui s’est passé au Mali, notamment pendant la période d’interdiction de voyage. « Nous avons alors décidé de dédier une partie des fonds de développement récoltés au soutien de nos partenaires maliens pendant cette période », explique Caroline Mignon.

« Voyager, ce n’est jamais zéro risque »

A la base du soutien apporté par le tourisme équitable et solidaire, la règle du « préfinancement », qui consiste à payer d’avance les activités qui seront effectuées sur place. Les structures locales ne pourraient autrement pas organiser les visites. « Nous sommes avant tout des militants ! », clame Marie Duhammel, fondatrice et directrice de Taddart, association opératrice de voyages et membre de l’Ates. Sauf que ce militantisme a un prix, qui se paie de plus en plus. « Il nous faut environ un an pour proposer un pays, entre les études, évaluations, rencontres et recherches de partenaires sur place. Nous consacrons beaucoup de temps et d’énergie à développer des voyages vraiment différents », continue Marie Duhammel. Le tout sans garantie d’aboutissement. Ce fut notamment le cas au Népal. « Nous avions organisé un voyage-atelier de médecine tibétaine qui devait avoir lieu en mai 2015. Après le séisme destructeur qui a malheureusement sévit fin avril. Nous avons dû annuler et rembourser tous les voyageurs. Nous sommes tristes pour tout ce qui a été monté, mais qui ne peut plus se faire, au Népal et ailleurs. Cela nous pousse à proposer autre chose». Pour cette structure qui travaillait surtout avec l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb, faire du Népal une de ses destinations « phares », faisait suite aux crises qui avaient secoué le continent.

Taddart- comme d’autres membres de l’Ates- développe aujourd’hui de nouvelles destinations. L’association propose aujourd’hui une majorité de voyages en Europe. Mais avec l’espoir d’offrir de nouveau dans un avenir proche des destinations mises de côté pour l’instant. Comme l’explique Caroline Mignon :

« Le tourisme équitable et solidaire est en train de changer de forme. La frontière est moins nette. Avant, le tourisme était nord/sud. Aujourd’hui il s’européanise. Mais voyager, ce n’est jamais zéro risque. C’est aussi notre rôle de militants de montrer que des zones souffrent d’effets collatéraux, alors qu’y aller en sécurité est possible. Il faut continuer à proposer des voyages dans ces lieux. A nous de trouver le moyen de nous adapter, pour poursuivre notre engagement, assurer la sécurité des voyageurs et maintenir les partenariats avec les populations sur place. »

  
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