Connexion

Inscription
Mot de passe oublié ?
Obtenir votre mot de passe abonné

Bienvenue dans votre espace abonné à Altermondes

Découvrez le dernier numéro d'Altermondes
Découvrez tous les numéros d'Altermondes

Continuer à découvrir le site

Inscription

Veuillez utiliser uniquement des caractères alphanumérique (ex: az, AZ, 0-9) et au moins 5 caractères

Minimum de 8 caractères

J'accepte de recevoir la newsletter d'Altermondes

* Champs obligatoires

Se connecter

Demandez votre mot de passe

Veuillez vérifiez votre messagerie. Identifiez-vous

Inscription

Désolé, cette clé ne semble pas être valide.

Remarque: Le mot de passe doit comporter au moins sept caractères. Pour le rendre plus fort, utilisez des lettres majuscules et minuscules, des chiffres et des symboles comme! "$% ^ & Amp;?).

Se connecter

Le 12-01-2016 à 15:01

« La loi Bibendum » : un docu sur la mobilisation contre l’usine Michelin de Thervoy en Inde

Par Mathieu Viviani

« Chaque jour en Inde, une entreprise multinationale signe un contrat avec l’État pour installer une unité de production. » Mais à quel prix pour les populations locales ? Dans La loi Bibendum, le réalisateur William Gloria raconte l’histoire des habitants de Thervoy, dont la vie a été bouleversée par l’implantation d’une usine Michelin sur leurs terres. Une affaire qu’Altermondes suit depuis 2012.

« Chaque jour en Inde, une entreprise multinationale signe un contrat avec l’État pour installer une unité de production industrielle. Ceci, au détriment des populations marginalisées sur les plaines, littoraux, forêts, etc. » Ces mots de Nicholas Chinapam, coordinateur de la Fédération des droits humains de l’État de Tamil Nadu (TNLRF) dans le sud de l’Inde, sonnent comme un cri d’alarme. Dans un documentaire de 57 minutes intitulé La loi Bibendum, le réalisateur William Gloria raconte comment en 2009 les habitants de la caste des Intouchables du petit village de Thervoy ont vu leur forêt autogérée détruite par l’installation d’une usine de la multinationale française du pneu, Michelin. Avec une économie essentiellement basée sur la culture de riz, des plantes médicinales et l’élevage, cette forêt était le poumon économique et la charnière du mode de vie de cette population isolée de l’Inde.

« Nous étions des propriétaires terriens fiers. Mais ils ne nous rendront ni nos modes de vie ni les terres de pâturage pour notre bétail.  Et même si nous travaillons dans l’usine, nous ne deviendrons que des esclaves de l’entreprise, devant attendre notre salaire. »
Gautam, secrétaire de l’Association de défense de Thervoy

David contre Goliath

Dans une enquête parue dans le numéro 32 (2012), Altermondes évoquait en détail la mobilisation sociale et judiciaire des habitants de Thervoy pour faire valoir leurs droits face au géant du pneu.

Le documentaire de William Gloria témoigne largement de la longue lutte des villageois de Thervoy. Grèves de la faim, manifestations réprimées par la police, actions légales : les habitants et associations locales explorent tous les recours pour obtenir réparation de leur préjudice. Mais en vain. Accompagnés de l’ONG CCFD-Terre solidaire, Sherpa et du syndicat CGT, les habitants de Thervoy décident en 2012 de saisir l’antenne française du Point de contact national (PCN), une instance chargée de vérifier que les multinationales issues des pays membres de l’OCDE respectent une liste de recommandations en matière de droits humains, environnementaux, sociaux… Mais là encore, le procédure patine et met en évidence les défaillances du PCN dans le traitement du dossier.

Photo Une_article docu_Loi Bibendaum

« Le XXIè siècle sera celui du combat contre l’impunité de certains acteurs économiques ». William Bourdon, avocat et cofondateur de l’ONG Sherpa, dans une interview parue dans le hors-série 10 ANS d’Altermondes. 

L’occasion pour le CCFD, Sherpa et la CGT d’alerter l’opinion sur la nécessité de réformer le mode de fonctionnement de cette instance et surtout, d’appeler l’État français à légiférer sur le devoir de vigilance des multinationales. Une proposition de loi est à l’examen au Parlement à l’heure actuelle. Un pas en avant que William Gloria ne manque pas d’évoquer dans la conclusion de son documentaire, qui bien au-delà de dresser un constat, propose une vraie réflexion sur les moyens dont dispose la société civile pour demander aux multinationales de rendre compte de leurs agissements.

Crédits photos : captures d’écran du film

  

Ajouter un commentaire