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Le 29-10-2015 à 11:10

Grands-mères de la Place de Mai : 38 ans de lutte pour retrouver les bébés volés de la dictature

Par Louise Michel d’Annoville

En Argentine, le mot « identité » a une résonance particulière. Depuis 38 ans, les Grands-mères de la Place de Mai se battent pour retrouver la trace de leurs 500 petits-enfants volés pendant la dernière dictature militaire (1976-1983) et leur restituer ainsi leur véritable identité.

Depuis 38 ans, les Grands-mères de la Place de Mai se battent pour retrouver la trace de leurs 500 petits-enfants volés pendant la dernière dictature militaire (1976-1983) et leur restituer ainsi leur véritable identité. Pour sensibiliser la population, les Grands-mères multiplient les campagnes telles que « Football », « Théâtre » ou « Cinéma pour l’identité ». La dernière initiative lancée s’intitule « Je suis comme ça » : une série de huit films d’animation qui s’adresse à la nouvelle génération, leurs arrière-petits-enfants, en qui les Grands-mères placent leurs derniers espoirs.

C’est un combat de longue haleine. Depuis 38 ans, les Grands-mères de la Place de Mai luttent pour identifier les bébés kidnappés pendant la dernière dictature (1976-1983), qui approchent aujourd’hui la quarantaine. Arrachés des bras de leurs parents à leur naissance, ces enfants étaient appropriés selon un « plan systématique de l’Etat ». En raison de leur opposition au régime et leur militance politique, les parents biologiques étaient enlevés, séquestrés et font désormais partie des 30 000 disparus de la dictature argentine.

Pour retrouver la trace de leurs 500 petits-enfants, les Grands-mères ont multiplié les spots télévisuels, émissions de radio et campagnes de sensibilisation qu’elles ont élargi aux domaines des arts avec « Théâtre », « Cinéma », « Tango» ou encore « Rock » pour l’identité.

Mais également au sport avec « Football pour l’identité » lorsqu’elles s’étaient affichées avec la légende de foot Maradona, et plus récemment avec la sélection nationale lors de la coupe de Monde de Football en 2014.

L’organisation adopte aujourd’hui une nouvelle stratégie en ciblant les enfants. Au programme, une série de huit films mêlant animation et images documentaires intitulés « Asi soy Yo » – « Je suis comme ça » en français – diffusés dans la célèbre émission Pakapaka. On y découvre par exemple le témoignage d’Ignacio Montoya de Carlotto, le petit-fils de la présidente des Grands-mères de la Place de Mai, retrouvé en août 2014, après 36 années de recherches. Fils de militants politiques, disparus pendant la dictature militaire (1976-1983), Ignacio s’est transformé en véritable symbole de la lutte pour retrouver les bébés volés de la dictature.

En restituant l’identité de leurs petits-enfants, les Grands-mères évitent ainsi que le mensonge ne se perpétue et n’éclabousse encore une nouvelle génération : leurs arrières petits-enfants. Le 31 août dernier, l’identification de la 117ème fille, Claudia, a redonné un souffle d’espoir aux Grands-mères. Grâce à un test ADN, dont le résultat a été comparé à ceux enregistrés dans la Banque Nationale de Données Génétiques, Claudia, âgée aujourd’hui de 37 ans, a découvert qu’elle était en fait la fille de disparus. Lors d’une conférence de presse, Claudia a confié qu’elle craignait d’annoncer la vérité à ses enfants. Mais à sa grande surprise, sa fille de neuf ans lui a répondu qu’elle comprenait la situation car elle avait vu une histoire similaire à la télévision dans le fameux programme Pakapaka.

« Il faut que cette nouvelle génération soit le moteur pour lancer les recherches. C’est à nos enfants de nous amener à nous interroger sur notre identité » explique Leonardo Fossati, l’un des 500 bébés volés identifié lorsqu’il avait 28 ans.

« Mémoire, vérité et justice »

Les Grands-mères de la Place de Mai ont célébré leur 38e anniversaire au Centre Culturel Kirchner, à Buenos Aires, jeudi 22 octobre, trois jours avant le premier tour de l’élection présidentielle argentine. L’occasion pour elles de rappeler l’importance que les procès contre les responsables du vol de bébés et leurs complices se poursuivent. A ce jour, 600 répresseurs ont été condamnés, mais « il reste du travail » martèle la présidente, Estela de Carlotto. La figure historique de l’organisation, aujourd’hui âgée de 85 ans, s’est d’ailleurs rendue en France au mois de septembre dernier pour lancer une campagne de droit à l’identité avec l’ambassade d’Argentine à Paris. Comme l’Italie ou encore l’Espagne, la France a été le lieu de destination privilégié de responsables militaires argentins, qui ont élevé les enfants appropriés en toute impunité.

Photo de Une : Les Grands-mères de la Place de Mai en compagnie de Manuel Gonçalves Granada, l’un des 500 bébés volés de la dictature, lors de leur 38eme anniversaire, jeudi 22 octobre à Buenos Aires.

  
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