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Le 17-02-2016 à 10:02

Des Sahraouis trouvent refuge à Bordeaux

Depuis novembre 2015, une communauté d’environ 300 Sahraoui s’est installée dans les hangars d’une ancienne usine chimique le long de la Garonne, à Bordeaux. Entre désir d’intégration et attachement à leurs origines et à la cause de leur peuple. Reportage.

Comune-info
Ce reportage est paru pour la première fois sur Comune, pure player militant italien spécialisé dans les communs, la décroissance et l’ESS.

53, quai de Deschamps, Bordeaux. On imagine qu’à cette adresse on pourrait tomber sur une belle maison au bord de la Garonne alors qu’il y a encore peu de temps, ici se trouvait une usine chimique. Aujourd’hui, ce sont 300 Sahraoui qui y ont élu résidence, en espérant trouver un avenir meilleur en France. Le 30 janvier ils ont décidé d’organiser une fête pour faire connaître leur culture et instaurer le dialogue avec les habitants du coin. « Les premiers Sahraouis sont arrivés en France en 2012, raconte Sara, jeune étudiante brésilienne en anthropologie. L’été dernier, il y a eu une vague d’arrivées à Bordeaux et depuis septembre 2015, une véritable communauté d’environ 300 individus s’est installée sous un pont près de la rive droite de la Garonne. En novembre, la police les a chassés. Depuis ils occupent les hangars de cette usine abandonnée ». Tous les jeunes Sahraouis s’expriment dans un espagnol parfait. Ancienne colonie espagnole, le Sahara Occidental a maintenu l’enseignement obligatoire du castillan dans toutes les écoles. Ils parlent également l’anglais et l’arabe. Mais pourquoi viennent-ils donc en France ? Pour Brahim, la réponse est évidente : « la France est le pays romantique par excellence et dans les films la vie me semblait parfaite ».

Mahmud, lui, est en France pour trouver un boulot : « Je m’en fiche de la politique ». Il a obtenu ses papiers en 2012. La France lui a reconnu le statut de réfugié. Il améliore son français et en même temps suit une formation pour devenir technicien de radiographie. Il aimerait vivre dans une vraie maison, dans des conditions dignes mais pour l’instant il n’a rien trouvé de mieux qu’une tente. « J’ai des obligations envers ma famille. Chaque mois, je dois envoyer quelques euros à mes parents et à mes frères restés là-bas ». Entre novembre et décembre 2015, les quelque 150 000 Sahraouis qui vivent dans les camps de réfugiés en territoire algérien ont dû faire face aux intempéries les plus violents de ces dernières années, qui ont causé d’énormes dégâts à un peuple déjà à genoux, comme l’a dénoncé plusieurs fois le Croissant Rouge.

Une histoire méconnue

Retrouvez notre reportage multimédias « Les Sahraouis victimes de l’indifférence générale »

L’histoire du peuple Sahraoui est peu connue en France. « Nous Sahraouis sommes un peuple arabe originaire du Sahara Occidental, un morceau de terre riche en phosphate situé entre le Maroc, la Mauritanie et l’Algérie. Depuis 1975 nous sommes sous occupation militaire marocaine », explique le jeune Moha, informaticien, chauffeur et mécanicien de 28 ans au sourire contagieux. Il est en France depuis quinze jours. « J’ai payé 26 000 dinars algériens, l’équivalent de 3 000 euros pour arriver du port algérien de Tlemcen à Almeria. De là, j’ai continué mon voyage vers Bilbao et finalement je suis arrivé en France ». Il se trompe : 26 000 dinars correspondent à 222 euros, mais il n’est pas le seul à avoir du mal à dire combien il a payé exactement. « As-tu des papiers ? ». Habitué à la question, il montre le récépissé qui témoigne du dépôt d’une demande d’asile en France.

Arrivé il y a 15 jours, Moha a reçu de la part du collectif qui assiste le peuple Sahraoui à Bordeaux l’une de ces tentes qui font le bonheur des scouts et des familles en camping pendant l’été. Autour de lui il y a quelques baraques en bois. Ceux qui sont là depuis plus longtemps ont construit des structures plus résistantes. Sur tous les murs on peut lire « W RASD » pour « Vive la République Arabe Démocratique des Sahraouis », le mouvement politique fondé en 1976 par le Front Polisario pour mener la lutte contre l’occupation de l’Espagne et ensuite de la Mauritanie et du Maroc. Aujourd’hui, la Suède est le seul pays européen à reconnaître la RASD. Depuis 1963 le peuple Sahraoui attend l’organisation du référendum qui lui permettrait de déclarer l’indépendance. A cause de la faiblesse des institutions des Nations Unies, qui devraient faire respecter le droit à l’autodétermination des Sahraouis, rien n’a changé depuis l’occupation marocaine, la fameuse « Marche Verte » de 1975. Entre 1982 et 1991, le Maroc a bâti un mur de 2 720 km de long qui divise le Sahara Occidental en deux parties. C’est  un champ de mines, le plus vaste au monde.

En quête de reconnaissance

A l’occasion de la fête, le hangar principal a été aménagé pour pouvoir accueillir un concert de musique reggae et rock d’un groupe local, suivi d’une lecture de poèmes traditionnels sahraouis et français. Sous une grosse tente rectangulaire, deux artistes jouent les mélodies les plus fameuses du répertoire Sahraoui. Un petit stand permet de goûter des spécialités culinaires d’origine saharienne. Entre deux chansons, les femmes dansent et préparent le thé à la menthe : « le premier verre est amère comme la vie, le second est doux comme l’amour, le troisième est suave comme la mort »

Des peintures murales décorent les murs des hangars. Des hommes bleus, des oiseaux, quelques mots. Ce sont les dessins d’un peuple qui ne perd pas l’espoir. Les danses, les chansons et les poèmes parlent d’une communauté qui veut se faire connaître et qui demande à être reconnue. Une telle profusion artistique dans une usine abandonnée devenue un camp de réfugiés étonne Elena, une jeune étudiante qui ne connaissait pas cette réalité avant de venir ici. Elena et Clémentine y reviendront. Pour apprendre l’espagnol, pour enseigner le français, pour faire ce que la France n’a pas le courage de faire.

  
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