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Le 09-11-2015 à 09:11

Colombie : pas de paix réelle sans l’implication de la société civile

Depuis l’ouverture en 2012 des négociations entre le gouvernement et la guérilla Farc, le thème de la paix est revenu au centre du débat national en Colombie. Néanmoins, selon les mouvements sociaux, le processus de paix souffre cruellement du manque de participation de la société civile. Altermondes a fait le point avec Mariangélica Rojas Gutiérrez, jeune dirigeante de l’organisation Tejuntas, membre du mouvement social Congreso de los Pueblos, lors de son récent passage à Paris.

Mariangélica Rojas Gutiérrez
Mariangélica Rojas Gutiérrez, Tejuntas

En 2012, les négociations entre le gouvernement et la guérilla des Farc s’ouvrent à La Havane, en Colombie. Depuis, le thème de la paix et plus en particulier de la sortie politique au conflit armé interne vieux de plus d’un demi-siècle et la résolution de la crise humanitaire qui en découle est revenu au centre du débat national.

Mariangélica Rojas Gutiérrez est une jeune militante colombienne dirigeante de l’organisation juvénile Tejuntas (Tejido Juvenil Nacional Transformando a la Sociedad, soit Tissu Juvénile National Transformant la Société en français), faisant partie du mouvement social Congreso de los Pueblos (le Congrès des Peuples, en français). Elle était de passage à Paris le 29 octobre dernier, à l’occasion d’une tournée européenne visant à mettre en avant l’importance des mouvements sociaux dans la transformation de la Colombie sur le chemin de la paix.

« Le conflit colombien ne peut se résumer à la confrontation armée entre deux parties, Etat et guérillas, il s’agit également d’un conflit social et politique, dont les civils sont d’ailleurs de loin les principales victimes ».

Or, du point de vue des mouvements sociaux, le processus de paix actuel souffre cruellement du manque de participation de la société civile, et le contenu des négociations s’en trouve d’ailleurs fortement limité.

« L’agenda des négociations de paix entre le gouvernement et les FARC n’a rien de révolutionnaire. Le modèle économique n’est par exemple aucunement en discussion, et on peut même dire qu’il s’accentue sur le terrain. Or, pour nous la paix implique de véritables transformations pour qu’elle puisse être durable et qu’il n’y ait pas le retour d’un nouveau cycle de violences ».

En plus du modèle économique, les acteurs des mouvements sociaux réclament un changement du modèle politique et de la doctrine militaire contre-insurrectionnelle, considérés comme responsables de la stigmatisation, de la criminalisation et de la répression dont sont victimes depuis toujours les organisations sociales et les secteurs considérés comme faisant partie de l’opposition.

Mesa Social para la Paz : nouvel espace de négociation

De ce constat du manque de participation citoyenne et du contenu limité de la table des négociations de La Havane a émergé l’idée de créer un nouvel espace de négociations et de dialogues pour la paix, mais cette fois-ci entre le pouvoir institutionnel et les mouvements sociaux. Cette « Table de négociations sociales pour la paix » (Mesa Social para la Paz) a fait l’objet d’une installation symbolique le 5 novembre dernier, en présence de nombreux représentants des mouvements sociaux et de certains élus de gauche, lançant un appel à l’ensemble des organisations sociales et populaires du pays à y participer. Particulièrement défendue par le Congreso de los Pueblos, cette nouvelle table de négociations se veut avant tout force de propositions, car comme l’explique Mariangélica

« les changements dont le pays a besoin pour obtenir une véritable paix ne pourront être obtenus qu’à partir de conquêtes du mouvement social ».

Mais parallèlement à la mobilisation croissante du mouvement social national, la répression et les attaques à son encontre ne faiblissent pas, bien au contraire. Dernièrement, le Congreso de los Pueblos, dont fait donc partie Mariangélica, a été particulièrement touché, plusieurs de ses membres ayant été arrêtés.

« La détention de personnes ayant un rôle moteur au sein du mouvement social est une véritable stratégie du pouvoir en place ».

Un service social pour la paix à la place du service militaire

Malgré tout, la mobilisation sociale ne faiblit nullement. Preuve en est l’activisme du mouvement juvénile, dont l’une des revendications principales est la « démilitarisation » de la société et la remise en cause du service militaire obligatoire. De cette revendication est née l’idée d’un Service social pour la paix, idée que défend tout particulièrement l’organisation Tejuntas et qui a déjà fait l’objet d’une proposition législative.

«Le service social pour la paix une alternative pour les jeunes de servir autrement leur pays en période de post-conflit armé, que ce soit à travers des travaux communautaires, des activités pour la défense de l’environnement ou des projets artistiques ».

  
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