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Le 07-10-2015 à 13:10

Birmanie : haïr au nom de Bouddha

Par Frédéric Debomy et Camille Tang Quynh

Le bouddhisme est, selon la lauréate birmane du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, « la forme de religion la plus pacifique que vous puissiez imaginer ». Et pourtant : en Birmanie, pays qui peine à sortir de la dictature, un nationalisme bouddhiste extrémiste s’est fortement développé. Il vise l’ensemble des musulmans du pays et en particulier les Rohingya, minorité que le régime birman a dépouillé de l’essentiel de ses droits. Jusqu’à menacer l’ouverture politique?

« A Rangoun, on ne remarque pas que je suis rohingya, on me voit comme un simple musulman.  Mais je dois faire attention à ce que je fais, sans quoi je peux m’attirer des ennuis. » Pourtant, Naeem, de son vrai nom Khin Maung Myint, semble à l’aise. Confortablement assis dans un fauteuil de luxe, ce jeune responsable politique semble content de pouvoir échanger car « la communauté internationale doit savoir ce qu’il se passe ». Comme bien d’autres, il rencontre volontiers ses interlocuteurs au Traders, l’un des grands hôtels de la capitale économique du pays, où il fait bon laisser traîner ses oreilles : c’est là que se donnent rendez-vous journalistes et diplomates, militants et informateurs soucieux de discrétion. En principe, l’espacement entre les tables ne permet pas qu’on puisse écouter les conversations des voisins. Mais Naeem préfère s’installer au fond du hall, le plus loin possible des oreilles indiscrètes. Car si tout le monde s’accorde à reconnaître que la liberté d’expression s’est accrue en Birmanie, la thématique des Rohingya demeure un sujet sensible. Et peu de Birmans, même au sein du mouvement pour la démocratie, se rallient à la cause de cette minorité considérée par l’ONU comme l’une des plus persécutées du monde.

Apatrides dans leur propre pays

Photo en Une
U Wi Thote Da est un moine qui a hébergé et sauvé près de 800 musulmans lors des affrontements entre bouddhistes extrémistes et musulmans à Meiktila, en 2013.

Ce que vivent les Rohingya s’apparente à un cauchemar sans fin. Déchus de leur nationalité en 1982 sur décision du dictateur Ne Win, ils sont considérés comme des étrangers résidant en Birmanie, et non des citoyens birmans. Leur liberté de mouvement est restreinte et ils ne peuvent pas se marier librement ou faire plus de deux enfants par famille. Leur accès à l’éducation et à l’emploi n’est pas meilleur. En 1991-1992, les violences et persécutions subies avaient conduit 250 000 d’entre eux à franchir la frontière du Bangladesh pour se réfugier dans des camps ou survivre, comme ils le pouvaient, en marge de ceux-ci. En 2012, le viol et le meurtre d’une jeune femme bouddhiste, attribués à des Rohingya, ravivent la haine dont ils font l’objet : de nombreuses violences forcent près de 140 000 d’entre eux à quitter leur domicile pour des camps dépourvus de nourriture suffisante et des soins médicaux adéquats. D’autres abandonnent le pays au risque de périr en mer ou d’être les otages de passeurs avides de rançons. Ceux qui parviennent malgré tout en Malaisie s’y voient alors confier les travaux les plus dangereux. Par ailleurs, très peu d’estimations officielles circulent quant à leur nombre exact, les Rohingya ayant même été exclus des dernières opérations de recensement de la population birmane. On en dénombrerait entre 800.000 et 1,3 million dans l’État d’Arakan, à l’ouest de la Birmanie, et 270.000 au Bangladesh. Pour le régime et les extrémistes bouddhistes, ils n’ont jamais existé : ils seraient des immigrants illégaux, venus du Bangladesh où ils devraient donc retourner.

Naeem s’indigne du comportement de son propre gouvernement : « Il ne nous protège pas. Un jour, un ami bouddhiste a demandé à un agent de police pourquoi il n’intervenait pas alors qu’on brûlait nos maisons. Il lui a répondu qu’il n’avait pas reçu l’ordre de son commandant… ». Pourtant, insiste Naeem, « nous croyons en l’unité, nous faisons partie de la Birmanie. Toutes ces accusations des bouddhistes extrémistes – comme quoi nous voulons instaurer l’Islam et la charia – sont infondées. Le gouvernement aussi doit changer de mentalité ».

Khaing Su Lwin est à droite avec son fils dans les bras. A côté d'elle se trouvent sa sœur, sa mère, son frère et son neveu.
Khaing Su Lwin est à droite avec son fils dans les bras. A côté d’elle se trouvent sa sœur, sa mère, son frère et son neveu. Crédit : Camille Tang Quynh
Un bonze fanatique

Pour ceux qui s’inquiètent de voir l’islam prendre la place du bouddhisme, le moine Ashin Wirathu est un héros. Un héros au parcours singulier : condamné en 2003 à 25 ans de prison pour des incitations à la violence ayant entraîné la mort d’une dizaine de personnes, ce moine de Mandalay, au centre du pays, a été qualifié de « visage de la terreur bouddhiste » par le magazine Time. Libéré en 2012 à la faveur d’une amnistie, il n’a pas tardé à reprendre ses diatribes contre les musulmans, qu’il accuse de vouloir prendre le contrôle de la Birmanie. Leur stratégie pour y parvenir : faire le plus d’enfants possible. C’est pourquoi Wirathu et ses proches ont fondé le mouvement 969, qui appelle notamment au boycott des commerces tenus par des musulmans : il ne faut pas financer l’ennemi. Pour lui, les musulmans sont des êtres « pitoyables » et il est d’autant moins possible de vivre avec eux que la violence leur est naturelle, comme la non-violence l’est aux bouddhistes. L’extrémiste, c’est l’autre : il faut donc se défendre, en mettant sous pression le corps politique, à qui des propositions de lois « pour la protection de la race et de la religion » ont été soumises. Parmi elles, une loi de limitation des naissances (qui sera appliquée où le gouvernement le jugera bon) et une autre empêchant les femmes bouddhistes d’épouser librement un homme d’une autre foi. En 2015, elles ont été adoptées par le parlement malgré l’opposition de certains députés dont ceux de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) de Mme Aung San Suu Kyi, la principale figure de la lutte pour un État de droit. Mais la LND ne se montre pas toujours solidaire des musulmans, qui constitueraient 4% de la population du pays.

Un Rohingya au parlement

Cela, Shwe Maung le sait : « aucun membre de la LND ne m’a jamais manifesté la moindre sympathie. » Cet homme expérimenté répond volontiers à qui s’étonne de le voir député du parti au pouvoir, l’USDP, issu de la dictature militaire et peu acquis à la cause des Rohingya : « Tout le monde en veut aux Rohingya mais dans ce contexte, l’USDP est le moins pire des partis. J’y croise au moins quelques confrères solidaires de notre cause. » Récemment, le président Thein Sein a demandé au parlement d’accorder aux détenteurs de cartes blanches (un document d’identité provisoire, majoritairement destiné aux Rohingya) la possibilité de voter lors d’un référendum prévu en 2015. Une demande qui peut paraître surprenante, au vu de la politique du gouvernement vis-à-vis de cette minorité, mais qui n’était sans doute pas dénuée d’arrière-pensées électorales : en 2010 déjà, lors d’élections législatives marquées d’irrégularités, l’USDP avait présenté des candidats rohingya, dont M. Shwe Maung, dans les endroits où seuls ceux-ci avaient une chance de se faire élire. Toutefois, la LND ainsi que d’autres partis se sont opposés à ce que les détenteurs de cartes blanches puissent désormais voter. « La société civile ne montre pas davantage de soutien », regrette M. Shwe Maung, qui garde à l’esprit la situation de deux de ses collègues de l’État d’Arakan : « Ils n’osent plus se rendre au parlement régional. Les extrémistes les ont menacés de les tuer s’ils essayaient.»

Des Rohingya aux musulmans en général

La haine qui vise les Rohingya, après avoir été longtemps propre aux bouddhistes de l’Arakan, s’est maintenant généralisée. De même que le sentiment antimusulmans qui, s’il n’est pas nouveau, s’est désormais accru sans qu’on puisse précisément en mesurer l’ampleur. L’idée qu’un « djihad » est à l’oeuvre en Birmanie, promue par M. Ashin Wirathu et ses supporters, l’alimente.

Pour Mark Farmaner, directeur de l’organisation de défense des droits de l’homme Burma Campaign UK, l’affirmation n’est pas fondée : « C’est même une assertion tout à fait absurde”, précise-t-il. Les musulmans de Birmanie constituent presque la seule minorité du pays à n’avoir jamais pris les armes. » M. Benedict Rogers, militant de l’organisation Christian Solidarity Worldwide, ne dit pas autre chose : « Il n’y a aujourd’hui aucun fondement à ce que disent les extrémistes bouddhistes d’un lien entre les musulmans de Birmanie et les organisations comme Daesh et consorts. Mais il se peut bien que la persécution subie finisse par éveiller l’attention des groupes musulmans radicaux. On aura alors à faire non pas à une confirmation de ce que disent les bouddhistes extrémistes mais à un genre de prophétie autoréalisatrice. »

Le monastere de Wirathu à Mandalay, dans le centre de la Birmanie.
Le monastère de Wirathu se trouve à Mandalay, dans le centre de la Birmanie. Crédit : Camille Tang Quynh
A Meiktila, une difficile coexistence

En mars 2013, de violents affrontements ont eu lieu à Meiktila, une ville située au centre de la Birmanie, dans la région de Mandalay. A l’origine de ce conflit, une dispute entre un marchand d’or musulman et des clients bouddhistes. Très rapidement, la situation dégénère : la boutique est saccagée et une mosquée est attaquée. En représailles, des musulmans décapitent un moine et la violence contre les musulmans se déchaîne, entraînant la destruction par les flammes de plusieurs quartiers. Au total, une quarantaine de personnes y perdent la vie, une soixantaine sont blessées, plus de 800 bâtiments sont détruits et 12 000 personnes sont déplacées dans des camps à proximité de la ville. Lorsque la chasse aux musulmans a commencé, Mme Khaing Su Lwin et sa famille ont vu leur maison brûler et se sont réfugiés chez des voisins bouddhistes, amis de longue date. Enceinte, la jeune femme de 27 ans raconte leur vie dans les camps de réfugiés où ils ont trouvé refuge pendant des mois. « Je n’aimais pas la vie là-bas. Nous devions systématiquement informer les gardiens du camp lorsqu’on se déplaçait à l’extérieur. Et lors de la mousson, il n’y avait aucun abri pour nous protéger de la pluie », se souvient-elle. Le manque d’hygiène et de sanitaires pour accoucher proprement les décide alors à quitter cet endroit, pour revenir dans la maison du grand-père, en cours de reconstruction. « Ici, je me sens libre », sourit-elle, son bébé dans les bras. Leur vie n’est cependant pas exempte de toute tension avec les extrémistes, même si la situation s’est améliorée. La « chanson de Wirathu », dont les paroles sont extrêmement offensantes pour les musulmans,  résonne tous les matins dans le quartier. « Des affrontements peuvent encore se produire, à tout moment. Mais je préfère mourir ici, chez moi, plutôt que de fuir. » A quelques kilomètres de là, M. Aung Nan Thoo, un vendeur d’œufs de 28 ans, vit avec son père. Leur maison, une petite cabane en bois, ne comprend qu’une grande pièce modestement meublée. Si le vieil homme est d’allure sympathique, le visage du fils est marqué d’un sourire narquois. Partisans de Wirathu, tous deux prônent un nationalisme bouddhiste et en veulent aux musulmans. « Le problème, c’est qu’ils tiennent l’essentiel de l’économie. Et puis, il faut voir comment ils se comportent. Un jour, l’un d’entre eux m’a volé ma moto », commente M. Aung Nan Thoo, intraitable.

Le jeune homme, qui affirme vouloir vivre en paix, impute aux musulmans la responsabilité des tensions. « Je ne veux plus qu’il y ait de violence. C’est pour ça que je ne veux pas que les extrémistes d’une autre religion vivent parmi nous. Les musulmans veulent diriger le pays et ont une stratégie pour y parvenir : être plus nombreux. Regardez l’Indonésie ou le Bangladesh, ils y sont dominants. » Il affirme pourtant avoir des amis musulmans qui vivent dans le voisinage. « S’ils se comportent bien, alors il n’y a pas de problème ». La chanson de Wirathu et des extrémistes n’a, selon lui, « rien d’offensant. Elle promeut juste le nationalisme birman. » Et lorsqu’on lui demande s’il distingue le nationalisme du bouddhisme, il répond simplement que « protéger l’un, c’est protéger l’autre ». Un point de vue que ne partage pas le moine bouddhiste U Wi Thote Da qui, au moment des violences, a protégé plusieurs centaines de musulmans en les abritant dans son monastère. Homme posé, vêtu d’une robe traditionnelle couleur safran, il y accueille toute personne qui frappe à sa porte. Le marchand d’or, qui le savait, a demandé son aide dès que la situation a dégénéré. C’est pourquoi, pendant les violences de 2013, plus de 800 musulmans s’y sont réfugiés pendant plusieurs jours, logés et nourris grâce aux dons que les moines perçoivent. « Je crois que, dans le fond, les gens sont davantage jaloux des musulmans qui réussissent dans les affaires qu’ils ne détestent l’islam », explique-t-il. Pour lui, le manque d’éducation est le problème principal, la population pouvant facilement être manipulée. Et à Meiktila, chacun garde en tête sa mémoire des événements : « Pour les bouddhistes, un moine a été tué sans raison : ils détestent donc l’islam. Les musulmans, eux, gardent à l’esprit les violences subies. C’est un cercle vicieux. »

Les attaques à Meiktila sont loin d’être des cas isolés. Les persécutions qui frappent les quartiers musulmans ont continué dans six cantons de Mandalay et se sont étendues quelques jours plus tard à Pegu, situé à 170 km au nord de Rangoun. Si les autorités n’ont officiellement pas dénombré de victimes, plusieurs mosquées et des centaines de maisons ont été détruites. Durant plusieurs jours, un couvre-feu a même été imposé du crépuscule jusqu’à l’aube. « Comprendre les raisons de cette hostilité est complexe, estime l’anthropologue Mikael Gravers. Certes, on m’a parlé d’endroits où les musulmans se seraient emparés du commerce, mais il s’agit d’exemples isolés et à vérifier. Et en la matière, la domination chinoise est bien plus importante. Cela crée du ressentiment. Pourtant, cette implication des Chinois dans le commerce n’a pas généré pour l’instant de violences comparables.» La principale explication à l’islamophobie birmane résiderait, selon M. Gravers, dans le nationalisme promu par le gouvernement militaire : la mise en avant d’une identité birmane unique, qui ne laisserait pas de place aux musulmans. « Même ceux dont les ancêtres vivaient en Birmanie bien avant l’indépendance ont du mal à obtenir des papiers d’identité », précise l’anthropologue.

Le bouddhisme, une religion d’État ?

« Être birman, c’est être bouddhiste » : l’idée est cultivée par la constitution qui, si elle reconnaît le christianisme, l’islam, l’hindouisme et l’animisme comme des religions nationales, accorde au bouddhisme, qui rassemble le plus grand nombre de fidèles, une « position spéciale ». Les dirigeants successifs du pays n’ont pas combattu cette idée. Le régime actuel favorise d’ailleurs la construction de pagodes, y compris dans les régions à majorité chrétienne, tandis qu’il reste difficile d’obtenir l’autorisation de faire bâtir une église ou une mosquée.

Sur ce terreau, un nationalisme bouddhiste anti-musulmans et particulièrement anti-Rohingya a pu aisément prospérer et l’on peut craindre qu’il ne s’étende encore. L’échéance électorale à venir – les élections législatives du 8 novembre 2015 – ne favorise pas une baisse des tensions : le régime, qui veut limiter la victoire annoncée du parti de Mme Aung San Suu Kyi,  la LND, entend apparemment poser en défenseur du bouddhisme pour établir sa popularité. Et il n’est pas certain que ses adversaires, pour peu qu’ils désapprouvent cette politique, oseront la critiquer publiquement.

Le dilemme d’Aung San Suu Kyi
Remise_du_Prix_Sakharov_à_Aung_San_Suu_Kyi_Strasbourg_22_octobre_2013-18[1]Pour Mme Aung San Suu Kyi, « le bouddhisme ne promeut ni n’encourage aucune forme de violence ». C’est pourquoi elle précisait dans le livre Résistances qu’il joue un rôle « notable » dans la lutte pour la démocratie. Beaucoup attendaient de la « Dame de Rangoun » qu’elle manifeste sa solidarité envers les Rohingya et dénonce les discours haineux du moine Wirathu. Mais face à la violence islamophobe, elle n’a pas été au-delà de propos généraux sur le refus des extrémismes. Elle a justifié ce relatif silence par sa volonté de ne pas mettre de l’huile sur le feu : prendre le parti des uns ou des autres ne ferait selon elle qu’aggraver la situation. Aung San Suu Kyi est prise en étau : entre des extrémistes bouddhistes qui l’accusent d’être l’amie des musulmans et bénéficient d’une certaine assise populaire, et tous ceux qui attendent d’elle qu’elle s’exprime en tant que figure morale et fasse honneur à son prix Nobel de la paix. Le fait d’avoir critiqué la proposition de loi sur les mariages inter-religieux – qui entend interdire aux femmes bouddhistes d’épouser librement un homme d’une autre foi – lui a déjà valu les foudres des extrémistes. En disant qu’elle fait de la politique, elle tente peut-être d’expliquer sa position : des élections législatives auront lieu à l’automne 2015 et son parti ne souhaite pas risquer de s’aliéner la majorité bouddhiste. La « Dame » sait que les changements importants prennent du temps et que les préjugés visant les musulmans en général et les Rohingya en particulier sont bien ancrés dans la société birmane : raisonnant sur le long terme, elle se dit peut-être qu’il faut diriger l’État pour pouvoir faire reculer les préjugés et la violence. Mais un doute demeure, car son parti ne s’est pas contenté de silence : si certains membres de la Ligue Nationale pour la Démocratie ont manifesté leur refus de l’extrémisme bouddhiste, l’organisation a pris part à la discrimination des Rohingya en se mobilisant pour que ceux-ci soient privés du droit de vote lors des prochaines échéances électorales. Et l’islamophobie n’est pas absente des rangs du parti.

  
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