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Le 16-03-2016 à 09:03

Avec Little Go girls, Eliane de Latour filme la patiente reconstruction des prostituées d’Abidjan

Par Raphaël Mège

Little Go girls est le titre du dernier film d’Eliane de Latour, photographe et documentariste. Dans son travail, elle observe et accompagne le quotidien d’une poignée de Go, ces jeunes (voire très jeunes) filles qui, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, vivent de la petite délinquance et du sexe, en marge d’une société qui les ignore ou les méprise.  À travers la représentation de leurs corps, amochés, comme épuisés au début du film, puis se redressant, retrouvant des couleurs ensuite, Eliane de Latour suit leur patiente reconstruction.

Little go girls
Little Go girls Eliane de Latour JHRFilms, 93 min., 2014 Sortie en salles le 9 mars

Photographe et documentariste, Eliane de Latour est d’abord anthropologue. Son cinéma s’en ressent. Préférant l’attention à la dénonciation, Little Go girls observe et accompagne le quotidien d’une poignée de Go. À Abidjan, en Côte d’Ivoire, les Go sont ces jeunes (voire très jeunes) filles qui vivent de la petite délinquance et du sexe, en marge d’une société qui les ignore ou les méprise, après avoir dû fuir un univers familial souvent violent. Abandonnées à une vie totalement précaire, moralement réprouvées, parfois chargées d’enfants, elles subissent une exclusion qui se teinte d’indignité, et ne doivent leur survie qu’à la solidarité qui les lie. La réalisatrice les a découvertes presque par hasard. Elle les a d’abord photographiées, comme une forme de reconnaissance de leur existence clandestine. Puis elle a épousé leur cause, décidant de les épauler de manière très concrète en créant avec elle une « Casa des Go », lieu de vie et de ressourcement à l’écart de la rue et ses souffrances, et parallèlement de filmer leur lent retour à la lumière. Sa présence à leurs côtés est constante, hors-champ dans le soutien qu’elle leur apporte, et à l’écran par un travail quasiment ethnologique qui nous conduit à partager leur quotidien dans ce qu’il a de plus anodin en apparence, mais en réalité jalonné de petits faits qui sont autant d’étapes dans leur remontée des enfers : la rue, l’appartement-refuge, la gestion du quotidien, le retour à l’école, les envies et projets pour après.

Retrouvez dans ce diaporama sonore d’Altermondes la série d’Eliane de Latour consacrée aux Go d’Abidjian, commenté par la photographe.

Par sa manière de les filmer, en accordant à chacune une attention respectueuse, en tenant à distance le pathos et l’apitoiement, Eliane de Latour les aide à retrouver leur dignité saccagée. À travers la représentation de leurs corps, amochés, comme épuisés au début du film, puis se redressant, retrouvant des couleurs ensuite, elle suit leur patiente reconstruction. Toutes n’atteindront pas leur but, mais elles auront bénéficié d’un répit salutaire, sous l’œil d’une femme dont l’engagement nourrit la vie et le travail.

  
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