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Le 01-04-2015 à 18:04

Afrique : la démocratie prise en otage

Par Mathieu Viviani

Gabon, Guinée équatoriale, Congo Brazzaville, Cameroun, Angola, autant d’exemples d’États dirigés sans partage par les mêmes dynasties familiales depuis plusieurs décennies. Une entorse à la démocratie dénoncée par le collectif Tournons la page dans le rapport En Afrique, comme ailleurs pas de démocratie sans alternances ! Décryptage.

« 88% des Togolais et 87 % des Gabonais n’ont jamais connu qu’une seule famille au pouvoir… Pourtant ils ne vivent pas dans une monarchie ! Si de nombreux pays d’Afrique souffrent de l’absence d’alternance, ce n’est pas une question de culture. Ce sont des systèmes organisés autour de l’accaparement du pouvoir et des richesses, au profit des dirigeants et de leur clientèle, mais aussi au profit d’États et d’investisseurs étrangers. La population est prise en otage. » C’est en ces mots que Tournons la page, un collectif expression de la société civile en faveur de l’alternance démocratique, résume la situation politique vécue par les citoyens de nombreux États africains.

Top 20 des pays dirigés par la même famille depuis des décennies

Dans ce classement des vingt républiques où une majorité de citoyens n’ont connu qu’une seule et même famille au pouvoir depuis leur naissance, on retrouve plusieurs régions du monde : l’Asie avec la Corée du Nord, l’Ouzbékistan, le Tajikistan et le Kazakhstan ; l’Amérique centrale avec Cuba ; le Moyen-Orient avec la Syrie. Fait singulier selon Tournons la page, « parmi les douze familles dirigeantes dans le monde, qui étaient déjà au pouvoir il y a 25 ans, neuf le sont en Afrique ». Les cinq plus anciennes viennent des États les plus riches en pétrole : Gabon, Guinée équatoriale, Congo, Brazzaville, Cameroun et Angola.

Les clés des familles pour conserver le pouvoir

Pour s’accrocher à leur fauteuil, les dynasties familiales utilisent sensiblement les mêmes leviers d’action : la violence (coups d’État, assassinats politiques), le truquage des élections, les restrictions des libertés d’expression, d’association et de manifestation, la corruption et l’accaparement des richesses par les familles dirigeantes, et le maintien de la population dans la désinformation et la pauvreté.

Plus insidieux encore est l’habileté de ces gouvernants à simuler le respect des principes démocratiques revendiqués par leur régime. « Malgré l’ouverture au multipartisme, la tenue d’élections compétitives (du moins en vitrine), parfois une plus grande liberté d’expression, pour satisfaire aux exigences des bailleurs de fonds, la démocratie réelle n’ a guère progressé en Afrique, déplore le collectif dans ce rapport. La possibilité même d’une alternance au sommet y est loin d’être acquise. La séparation des pouvoirs (exécutif, judiciaire, législatif, mais aussi économique et militaire), condition fondamentale du fonctionnement démocratique, n’est guère respectée. Les outils habituels de la démocratie – les élections au premier chef – sont régulièrement détournés pour servir le pouvoir en place. »

Enfin, l’ultime arme politique des autocrates actuels est ce que le collectif appelle « coup d’état constitutionnel ». Le principe de la manigance ? Modifier les statuts de la constitution pour permettre à un chef d’État en place de se représenter une énième fois aux élections présidentielles. Celles-ci étant évidemment truquées dans la plupart des cas.

« Coups d’État constitutionnels » inéluctables ?

Alors que l’Afrique rentre dans une période riche en consultations électorales, les espoirs de voir ce statu quo remplacé par une réelle alternance démocratique grandissent. En témoigne l’exemple récent du Burkina Faso. En octobre 2014, les burkinabés ont su déjouer la tentative de changement constitutionnel opérée par leur président Blaise Compaoré.  Fort d’une mobilisation sans précédente, le peuple du Burkina – en majorité des jeunes – a démontré que les dérives autocratiques n’étaient pas inéluctables. « Emblématique » selon le collectif, le cas burkinabé semble remettre en cause la philosophie géopolitique établie des puissances étrangères sur le continent africain :

« Les puissances étrangères, l’Europe au premier chef, ont trop longtemps considéré que des régimes immuables étaient des garanties pour la stabilité de leur pays. En réalité, ce type de perspective n’a contribué qu’à asseoir des dictateurs dans la durée, au détriment de la stabilité des institutions à proprement parler, sédimentant ainsi les frustrations et justifiant les explosions de violence »

Crédit photo à la Une : jbdoane

  
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