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Le 23-02-2016 à 09:02

Adel Saflou, le metal syrien en exil

Adel Saflou a 22 ans. Réfugié syrien en exode musical aux Pays-Bas, il vit dans un centre de rétention. Autant dire qu’il a troqué un enfer pour un autre. Mais il lui reste la musique : « Un outil paisible d’éclaircissement émotionnel. N’importe quelle sorte de violence me dégoûte, car je l’ai vue au quotidien. La musique est un peu comme un art martial qui nous défendrait du dictat politique et religieux. »

Adel Saflou a 22 ans. Réfugié syrien en exode musical aux Pays-Bas, il affiche fièrement son style métalleux sur son compte YouTube. Barbu, un peu comme Jafar dans Aladdin et à l’instar des hipsters parisiens, il arbore piercings et anneaux de part et d’autre de son visage.

Adel SaflouOriginaire de Idleb, ville agricole où la terre est très fertile, au Nord-ouest de la Syrie et près de la frontière turque, Adel s’est vu fleurir une enfance durant laquelle la musique arrivait en Syrie par le Liban. D’abord sur des cassettes… jusqu’à ce qu’Internet prenne la relève. Là, il a découvert une musique qui a donné un sens à sa vie. « En Syrie, la musique est parfois vue comme une maladie dégoûtante pour commencer. Ajoutez y la guerre. Et puis, les bombes, le manque d’électricité et d’eau, la crainte de la mort, ou même les chocs émotionnels et psychologiques marqués sur nos visages… Tout cela inflige aux musiciens de grandes difficultés pour continuer dans un tel environnement. »

Such a creep d’Orchid, ancienne band d’Adel Saflou

« Je trouve mon inspiration dans l’espoir d’une vie meilleure », poursuit-il en se remémorant ses souvenirs. Il a décidé de suivre son âme partie à Alep, ville voisine qui fait la part belle au heavy metal sur la scène rock syrienne. Il a d’abord joué avec L’Orchidée, groupe créé avec son meilleur ami guitariste et un organisateur de concerts d’Alep. Il était déjà difficile de se produire : la scène « metal » en Syrie était devenue assez inactive depuis 2006, date à laquelle le gouvernement a dénoncé les métalleux comme des fidèles du diable. Cette scène a commencé à revivre en 2010. Ceci a duré pendant deux ans à Alep, et puis tout s’est à nouveau effondré à cause de la guerre.

Cette guerre qui pousse les artistes à fuir le pays pour se réfugier au Liban, par exemple. Cette guerre qui oppresse l’homme pour ses croyances, ses convictions, ses libertés… Nous sommes en 2012, et Adel va rester un peu moins de quatre ans au Liban : là, il étudie à l’université et s’octroie le droit de jouer de son art, la musique. Il enregistre « The Revelations », premier album d’Ambrotype, son nouveau groupe. Il travaille et s’essaie à d’autres projets. Mais la menace se fait telle qu’il se voit dans l’obligation de fuir ces zones dangereuses. Il part pour l’Europe dans un bateau de fortune, plus galère que navire, où la vie flotte à peine au dessus de la mort. « Pour beaucoup de raisons, je ne pouvais plus résider nulle part au Moyen-Orient. J’ai décidé d’aller en Europe pour tenter d’obtenir le statut de réfugié. En espérant remettre de l’ordre dans ma vie et me donner un nouveau départ. » Aujourd’hui, aux Pays-Bas, Adel tente de se reconstruire par la musique. Il vit dans un centre de rétention pour réfugiés, une sorte de prison, à Alphen-sur-le-Rhin. Autant dire qu’il a troqué un enfer pour un autre. À la question de savoir si le métal a sauvé sa vie, il répond juste que « cela se pourrait bien »… 

« Il y a tant d’oppression, de colère, d’anxiété, de stress… et la crainte est présente dans chaque rue de Syrie. Je pense que le metal constitue une alternative plus saine que de devenir un criminel. » À chacun sa musique. La sienne est-elle une façon de s’exprimer, un outil ou une arme ? « Un outil paisible d’éclaircissement émotionnel. N’importe quelle sorte de violence me dégoûte, car je l’ai vue au quotidien. La musique est un peu comme un art martial qui nous défendrait du dictat politique et religieux. »

  
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