Connexion

Inscription
Mot de passe oublié ?
Obtenir votre mot de passe abonné

Bienvenue dans votre espace abonné à Altermondes

Découvrez le dernier numéro d'Altermondes
Découvrez tous les numéros d'Altermondes

Continuer à découvrir le site

Inscription

Veuillez utiliser uniquement des caractères alphanumérique (ex: az, AZ, 0-9) et au moins 5 caractères

Minimum de 8 caractères

J'accepte de recevoir la newsletter d'Altermondes

* Champs obligatoires

Se connecter

Demandez votre mot de passe

Veuillez vérifiez votre messagerie. Identifiez-vous

Inscription

Désolé, cette clé ne semble pas être valide.

Remarque: Le mot de passe doit comporter au moins sept caractères. Pour le rendre plus fort, utilisez des lettres majuscules et minuscules, des chiffres et des symboles comme! "$% ^ & Amp;?).

Se connecter

Le 15-02-2016 à 12:02

A Calais, l’Ecole laïque du Chemin des dunes fait peau neuve

Samedi 6 février, en plein cœur du camp de réfugiés de Calais, était inauguré le nouveau site de l’Ecole laïque du Chemin des Dunes. Depuis avril 2015, une trentaine de professeurs bénévoles se relaient sept jour sur sept pour donner des cours de langues, de physique ou de taï-chi- chuan à une dizaine d’enfants et une quinzaine d’adultes du camp. Reportage.

Les baraques de bois recouvertes de bâches en plastique bleues et noires forment un U autour de l’aire de jeux. Au centre de l’école, bâtie par des bénévoles avec le soutien de l’ONG Solidarité laïque, des enfants courent sur un filet suspendu tandis qu’une famille de volontaires anglais offre des gaufres banane-chantilly à une longue file de visiteurs.

Retrouvez la chronique radio de David Eloy consacrée à l’Ecole laïque des dunes de Calais

Ce samedi 6 février, en plein cœur du camp de réfugiés de Calais, on inaugure le nouveau site de l’Ecole laïque du Chemin des Dunes où une trentaine de professeurs bénévoles se relaient sept jour sur sept pour donner des cours de langues, de physique ou de taï-chi- chuan à une dizaine d’enfants et une quinzaine d’adultes du camp, depuis avril 2015.

Zimako Jones, réfugié nigérian et fondateur de l’école, passe à toute vitesse. Il est au four et au moulin. Devant l’aire de jeux, sur une scène improvisée, il rejoint la conférence de presse avec Roland Biache (délégué général de Solidarité laïque), Véronique Tiberghien (professeure bénévole à l’école) et Michèle Olivier, représentante du syndicat d’enseignants SNUIPP qui martèle :

« Nous sommes ici pour célébrer cette belle aventure mais aussi pour alerter les pouvoirs publics : c’est à l’Etat d’assumer ses responsabilités et de prendre en charge l’éducation des enfants du camp… »

« C’est à l’automne dernier que les premiers enfants sont arrivés, raconte Nathalie Janssens, qui encadre une dizaine de bambins de 4 à 11 ans parmi les trois cents recensés par les associations. Onas et Dania, deux jeunes filles kurdes de 10 ans, comptent fièrement en français : « un, deux, trois… ». « L’objectif de ces cours est surtout de permettre aux enfants de renouer avec un cadre fiable et sécurisant », explique Nathalie.

Dans l’assistance, une syndicaliste annonce une nouvelle inattendue : « trois postes viendraient d’être créés par l’Éducation nationale ! » Mélange de soulagement et de scepticisme chez les bénévoles : Virginie se dit « amère, inquiète et en colère » après les destructions récentes de nombreuses baraques à proximité de l’école (dont une église et une mosquée). Nathalie, elle, redoute que l’école des enfants soit la prochaine cible des bulldozers. « Ils jurent que non mais ils avaient dit qu’ils ne toucheraient pas aux lieux de culte…»

 

Milos et Daranosa, deux Afghans de 14 et 17 ans, s’apprêtent à rejoindre leur grand frère en Angleterre. « C’est très difficile de passer en ce moment… », lâchent-ils. Rita, bénévole, confirme : « avant, ils étaient parfois deux cents à partir chaque semaine. Aujourd’hui, ils sont à peine une dizaine… » La dernière visite du ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, le 21 octobre dernier, a marqué un tournant dans la vie du camp. Les forces de police et les barbelés se sont densifiés, rendant les traversées quasi impossibles.

Ecole des dunes CalaisÀ gauche, l’infirmerie jouxte la salle de classe des adultes, équipée d’une dizaine d’ordinateurs raccordés à trois panneaux solaires. « La connexion wi-fi arrive aujourd’hui ! », se réjouit Margo, qui donne depuis six mois des cours de français à une quinzaine d’adultes dont une majorité de Soudanais.

L’un d’entre eux, Moussa, 28 ans, arrive à vélo, tout sourire. « No class today ! » (Pas de cours aujourd’hui), lui dit Sylvie, sa prof d’anglais, après l’avoir chaleureusement embrassé. Moussa, qui se glisse dans la file des gaufres, suit les cours depuis décembre. « Moi, je veux rester en France ! », s’exclame-t-il dans un anglais hésitant.

Attirés par la fanfare du collectif Clowns sans frontières, Abdou, jeune Tchadien de 24 ans et Adam, arrivé du Darfour il y a trois mois, visitent cette école pour la première fois. Tous deux fréquentent la bibliothèque, de l’autre côté du camp, non loin de deux autres écoles. Adam vient d’y emprunter un livre de Platon hautement symbolique en ce lieu : la République.

Vidéo reportage et photos : Mathieu Ewondo Belinga

  
Découvrez d'autres articles sur les thèmes...
Pas de commentaires

Ajouter un commentaire